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24/01/2012
Ils multiplient, ils additionnent, ils divisent Délice n’est pas au top elle prend la main d’Eloi pour l’arrêter.
- Je ne peux pas vous suivre, vous êtes trop rapide !
- Vous avez compris, vous savez l’appliquer, nous continuons ? C’est facile, amusant pour nous les informaticiens : voyons…nous allons voir s’il correspond à la demande : oui Délice ! C’est exact ! Quelles conséquences si l’on se trompe lors d’un achat important.
- J’arrête je suis fatiguée.
- Oui on arrête.
- Nous arrêtons Eloi ?
- Oui, nous arrêtons.
- Pas de se voir !
Il attrape sa main la caresse de ses lèvres, baise chaque doigt la pose sur sa jambe.
- Regardez votre main comme elle est belle, douce, je voudrais m’évanouir dans votre main elle me renvoie lorsque j’étais bébé jusqu’à vous Délice, avec la même envie de la toucher le même désir d’être caressé. Celle-ci est incapable de faire le mal, elle va joindre l’autre dans une prière. Le Dieu Tout Puissant est avec vous. Montrez l’autre ! Gardez vos mains belles, je les aime.
- Monsieur Eloi vous m’affligez mes mains sont semblables à celles des filles du harem.
- Nous allons faire venir la belle Fraise des Bois
- Vous allez me rendre jalouse Eloi !
- Oh ! Non, non, tenez, je dispose d’un moment, pouvez-vous… Attendez… vous avez le téléphone ?
- Oui.
J’appelle madame Irène : Allo ! Bonjour madame comment allez-vous ? - Très bien ! Auriez l’obligeance de faire monter Fraise des Bois.
- Mais oui, cher monsieur Eloi, vous connaissez ma maxime satisfaire les désirs de ses messieurs est mon plus grand désir, je remercie le Seigneur chaque jour de ma vie des bienfaits qu’il veut bien m’accorder parcimonieusement ! A peine raccroché elle frappe à votre porte – Merci madame.
Quelques coups légers
- Entrez Fraise.
Dans l’entrebâillement de la porte Fraise hésite, elle a enfilé une sorte de sarrau qui cache ses formes.
- Bonjour monsieur de Risquetou. Délice tu as besoin de mes services ?
- Non, ne fais pas la bête, regarde comme tu t’es affublée
- J’ai couru.
Eloi se lève pour saluer Fraise de Bois la fait asseoir
- Nous parions Délice et moi que vos mains ont l’habileté d’enchanter où les mots sont inutiles. Montrez vos mains Fraise, Fraise des Bois rassurée soupire doucement puis montre ses jolies dents et par des mouvements expressifs elle fait le langage des sourds et muets ajoutant dans des envolées tant d’allégresse, tant de grâce, de joie et il y avait un tel magnétisme dans ses doigts effilés, une telle certitude de vous ensorceler ! Elle en jouait sûre de son trésor qu’elle communiquait.
- Fraise où avez vous appris ces savantes façons de modeler vos mains ! Eloi est ému. Comme j’aimerais les peindre !
- Vous avez la pâte à modeler monsieur.
- Vos mains débordent de dons artistiques, c’est surprenant, pourquoi ?
- Ma grand-mère avait une harpe j’en joue dans ma cousette.
- Ces mains-là sont très belles Fraise elles débordent de talents artistiques, douces comme l’amour. Pour couronner ce beau moment je vous offre le champagne.
Eloi prend le téléphone.
- Laissez, je vais le chercher monsieur Eloi.
Nous allons appeler…comment…
- Reinette.
Délice est ravie une flamme chaude, coquine avec un point de malice elle s’approche des lèvres d’Eloi puis un franc sourire éclaire ses yeux elle se retire.
Elles sont pleines de bonne volonté toutes les deux pour plaire à Eloi manifestement elles l’ensorcèlent à qui mieux mieux Eloi est envouté, il regarde la porte espérant un salut, enfin Reinette arrive.
- Bonjour monsieur Eloi, elle dispose les verres, le champagne salue puis se retire.
Eloi transcendé se plait à dire, nous sommes bien tous les trois, en cœur oui tous les trois, un éclat de rire général.
De retour dans son appartement Eloi oublie sa prudence habituelle, il aide Marguerite sifflote, fredonne quelques airs, jette sur Marguerite des regards amoureux.
- Que vous arrive-t-il mon ami vous êtes plein de verve ! Vous avez de bonnes nouvelles à m’annoncer je suis curieuse de les entendre. Moi j’ai une nouvelle à vous annoncer.
- Ah !
Il parait que le conte de Tourne est tombé amoureux d’une prostituée ; Paris est un grand village les nouvelles extraordinaires se savent vite elles volent à la vitesse d’une fusée. C’est Clémentine qui me l’a appris. Je ne suis pas surprise tant que ça, l’homme est bizarre, tu ne te rappelles pas de lui ?
- Non.
- Vous vous imaginez : amoureux d’une prostituée quelle histoire pour la famille, je vais me renseigner sur cet homme il occupe mon esprit, tu ne dis rien !
- Je ne le connais pas, il ne m’intéresse pas qu’est-ce que vous voulez en faire ? Nous n’aurons jamais l’occasion de le voir !
- Vous vous trompez, paraitrait-il qu’il a l’intention de donner des fêtes où la gente serait invitée nous serions sur la liste… Le contacte rapide avec lui m’a laissé une bonne impression, de l’esprit, dommage qu’il ait eu cette infirmité. J’ai entendu dire qu’il écrit un livre sur ces bas-fonds. Eloi tente une respiration profonde d’un regard intéressé il encourage Marguerite à continuer : dommage, j’aurais aimé en visiter une.
- Vous pouvez y aller ma chère en tant que cliente !
- Vous êtes monstrueux Eloi, vous allez ! Vous! Raconter ! Je vous connais : vos pulsions amoureuses sont trop calmes pour aller dans des bordels. C’est la première fois que je me pose des questions sur votre nature, tout va bien entre nous n’est-ce pas chéri ? Pourriez-vous tomber amoureux d’une prostituée ?
- Je pense que les hautes études ont compartimenté ce que je dois faire ou ne pas faire, c’est mathématique, pour bien vous faire comprendre dans le compartiment que je nomme… Prudence, il y a : pas d’alcool, pas de drogue d’excès de tous genres, voilà, quant aux bordels je n’y avais pas pensé Je marche dans Paris ! C’est un régal, le charme, la richesse l’élégance de cette ville est le remède aux mauvaises fréquentations qui entraineraient la perte de mes repères.
N’est-ce pas une forme d’ennui ? Que vous trainez dans chaque pas de votre chère ville !
- Peut-être.
- l’harmonie de notre foyer ce soir particulièrement me touche profondément Eloi, je souhaite qu’il en soit ainsi jusqu’à la fin.
Eloi souhaite mettre fin à cette conversation.
- Je peux appeler les garçons ?
- Oui.
-
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Rédigé par Boyrie à 16:17 | Lien permanent
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Rédigé par Boyrie à 18:06 | Lien permanent
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J'ai changé d'ordinateur que de surprises ! que de travail !
Bonjour mes amis, merci de vos visites.
En ce moment j'essaie de me retrouver parmi trop de désordre et de grosses surprises
telles : l'ordinateur n'a pas pris en compte les textes qui ne sont pas passés par Word
, je les trouve dans mes notes, je dois aller les chercher dans internet, quel travail,
Je ne suis pas prête à changer d'ordinateur !
Rédigé par Boyrie à 19:30 | Lien permanent
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Qu’avez-vous Eloi votre travail vous donne satisfaction ? Vous semblez régénéré, ce n’est pas un reproche bien au contraire, votre allant est communicatif, les enfants s’installent paisiblement devant leurs devoirs, Candide est plus calme, vous donnez la paisible ambiance qui sied à nous tous, je suis manifestement heureuse. Un tout petit reproche qui ne concerne que moi : vous disparaissez souvent, vous allez dans votre cher Paris, vous marchez, marchez… à quoi pensez-vous dans vos marches solitaires ?
- J’élimine le stress de la journée, lorsque j’ai trouvé l’apaisement je vois les vitrines, les gens, c’est ainsi que je récupère et que je trouve c’est allant si joliment dit par vous.
- Vous avez des nouvelles de Céleste ?
- Oui Céleste aime les promenades dans Paris, je l’ai vu avant-hier, il m’a paru bien.
- Clémentine ?
- Il m’en a dit le plus grand bien : nous devrions les inviter.
- Au restaurant je veux bien.
- Tu appelles Clémentine pour vous mettre d’accord sur la date. Je ne sais pas pourquoi j’ai une réminiscence d’un moment passé chez le Grand Chancelier Delpech lors d’une sauterie où nous souhaitions l’anniversaire de sa fille, tu te souviens du comte de Tourne ?
- Oui, le comte de Tourne est très connu : un homme charmant à l’esprit brillant aux phrases percutantes qu’il assure avec de petits coups de canne, toutes les femmes l’aiment. Il porte une infirmité congénitale, son esprit brillant, pétillant remplace aisément ce manque. J’ai oui dire qu’il lui manquait l’essentiel pour féconder la terre, vous saisissez ?
- Toujours pas claire Marguerite : allez droit au but, voyons.
- Il est impuissant.
- Ah !
Il entend la voix de Délice ; Monsieur je suis entretenue par le comte de Tourne.
Cette extravagante nouvelle l’avait laissé sans voix, il avait pris la main de Délice l’avait pressée doucement puis lui avait donné un baisé sur les lèvres.
- C’est une très bonne nouvelle Délice, le célibataire endurci !
- Ca fait des mois qu’il vient dans le harem si discret qu’on ne le voit pas.
- Vous êtes la sève qui le nourrit Délice.
- Marguerite vous êtes l’instigatrice du bon déroulement de mes pensées, avec vous je vais vers des horizons inattendus, d’après vos dires nous avons rencontré le comte de Tourne ?
- Mais oui vous ne vous souvenez pas ?
- Vaguement.
- Je comprends il préfère la compagnie des dames, il aime les messieurs à l’esprit brillant comme vous Eloi.
- Maintenant en fouillant dans ma mémoire je me souviens avoir échangé quelques mots avec lui en effet.
- Vous sortez ?
- Oui.
Son rendez-vous ponctuel avec Délice chez madame Irène a pris une dimension nouvelle, le sentiment d’être moins intransigeant envers les autres, aussi une approche plus douce des autres, un sentiment d’amour doucement s’installe, il pardonne, absout, sourit, et dans ses promenades dans Paris dans les jardins où il va méditer il voit Délice, l’aperçoit, la retrouve, l’imagine, une bonté qu’il ne connaissait plus adoucit ses peines, des images défilent devant ses yeux, brillantes. Est-ce possible ! Est-ce possible ! Délice ! Il baisse la tête dans un acte de contrition.
Chère Délice comment avez-vous passé le début de votre nouvelle vie ?
- Je suis allée chez mes parents.
- Quelle joie pour eux de retrouver leur fille, ce fut !
- Oh… ! Oh… ! Ils étaient si tristes, si tristes ! Ils ne me parlaient pas leurs yeux étaient sans reproches, mon cœur éclatait de douleur, Ah… ! Excusez mes larmes elles débordent mes yeux, je ne peux me contrôler tellement ma douleur est grande, dans un hoquet qui l’étouffe : je les ai tué, tué. J’essayais de retenir mes larmes, de les rassurer, c’était difficile, j’aurais voulu me mettre à genou devant eux, leur demander pardon, nous étions si tristes tous les trois que les mots ne sortaient pas, les beaux cheveux de ma pauvre maman avaient des fils blancs, le dos de mon pauvre papa était courbé, j’étais effondrée. J’ai simplement dit, j’ai connu un amour fou, alors j’ai aperçu une lumière éclairer leurs visages et là monsieur j’ai compris qu’un jour j’aimerai follement !
- Ne vous mettez pas dans cet état Délice.
- Ils avaient fait un cake comme s’ils m’attendaient c’était si triste ! C’est mon gâteau préféré quel malheur ! Mon Dieu ! Nous nous sommes installés devant la table, le cœur n’y était pas ! Quelle tristesse ! En partant je me suis jetée dans leurs bras et je les ai inondés de larmes, j’étais secouée par des cascades de désespoir, ils m’ont pressé contre eux encore et encore puis nous nous sommes quittés, je leur ai simplement dit n’ayez crainte je suis bien, je reviens bientôt.
C’est un drame qui me poursuit suis-je maudite monsieur ? Je me pose de multiples questions, mes parents sont des gens simples aux envies simples enfin comme tout le monde, j’ai un chemin que je ne maitrise pas qui m’emprisonne comment je vais faire ! .
- Calmez-vous Délice, vous voyez tout en catastrophes, il y a du bon dans votre nouvelle vie chère Délice ;
- Allons dans ma chambre, je veux vous montrer quelque chose, un cadeau du comte, vous ne devinerez jamais.
- Un bijou ?
Délice prend la main d’Eloi,
- Ne cherchez pas : quelle curieuse idée
- Votre pièce a changé, vous avez un ordinateur !
- Attendez.
Les yeux brillants, coquins elle s’amuse de l’effet que va produire son cadeau sur Eloi.
- Un peigne dans vos beaux cheveux.
- Un jeu, c’est pas mal un jeu.
- Ce pourrait l’être…
- Voilà monsieur Eloi, elle tend un magnifique boulier.
- Ah ! Bien, on compte avec le boulier dans des pays.
- Le comte dit que j’apprends bien, je trouve amusante l’idée. Il faut pratiquer, essayons.
Dans la chambre de Délice avec sérieux Eloi est resté une heure à compter avec le boulier.
- Vous apprenez avec une rapidité ! J’aimerais vous présenter le comte.
- D’accord.
- Quand je fais une erreur il tape des petits coups avec sa canne, c’est suivant le nombre de boules. C’est un homme avenant, convenable, intelligent. J’attends impatiemment sa visite ainsi que la vôtre Eloi, je vous attends ; nous serons bien tous les trois ;
Oui Délice : tous les trois.
-
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Rédigé par Boyrie à 18:10 | Lien permanent
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Rédigé par Boyrie à 18:09 | Lien permanent
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Rédigé par Boyrie à 21:45 | Lien permanent
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Rédigé par Boyrie à 15:43 | Lien permanent
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02/01/12
Chère madame auriez- vous un instant à me donner ?
Madame Irène contient avec difficulté ses émotions.
- Madame dans les maisons closes je fais des recherches sur l’évolution des mœurs de la race humaine depuis les temps lointains jusqu’aux temps modernes. Je lis votre inquiétude ! Hélas ! Pourtant ! Je constate (sous des aspects différents il n’y a pas beaucoup d’évolution) Pourtant, j’ose employer pour classer votre maison de passe parmi les histoires honorables que notre vaste société engendre chaque jour, d’honnête, il y a de l’honneur à bien tenir vos filles, une honorabilité dans la façon de vous en servir, c’est donc un honneur réciproque madame d’être ensemble pour causer entre personnes intelligentes ;
- Monsieur le comte je ne m’attendais pas à tant de compliments, je suis comblée, ma respectable maison que j’ai fondée est la mieux fréquentée de Paris, ma gouvernance est ma fierté, mes pensionnaires sont respectées par les honorables clients. Je suis contrôlée régulièrement, ces demoiselles sont suivies par la médecine, je n’ai rien à me reprocher ; J’ai été enseignée par de vertueux parents à parfaire le travail ; Ici vous êtes dans la maison de passe de la très honorable madame Irène bien connue pour sa rectitude, suivez-moi monsieur le comte de Tourne ainsi parle madame Irène tout en marchant afin d’éviter une perte de temps car elle est bien enseignée sur ces messieurs de passer inaperçus, de chercher la discrétion,
Ce richissime personnage la perturbe, il passe des heures sans bouger dans le harem, différent de la haute noblesse coutumière, il envoie ses raisonnements à l’échec,
Dans le salon particulier un ameublement de bon goût paisible afin de ne pas troubler, détourner les hôtes. Monsieur le comte observe madame Irène, tape quelques petits coups avec sa canne.
- Madame sans vouloir vous offenser votre commerce ne convient pas à mademoiselle Délice, j’ai cru comprendre qu’elle est dans une situation tragique, mon bonheur est immense d’avoir trouvé cette sublime jeune femme ici. A dater de ce jour elle est ma femme spirituelle pour le moment, nul doute elle portera le nom de madame la comtesse de Tourne de la Tournière ; je souhaite qu’elle devienne votre collaboratrice.
- Mais bien entendu monsieur le comte.
- Bien sûr elle doit changer sa tenue, elle pourra satisfaire ses désirs...
Mademoiselle Délice m’a donné son assentiment. Nous allons changer le contrat ; votre prix sera le mien, je demande qu’elle reste près de vous le temps de sa reconversion
- Monsieur le comte de Tourne vous êtes trop généreux, ce sont mes biches, elles m’appellent tante Irène, Délice attire la clientèle, sa beauté, son charme plaisent, c’est une perle un diamant.
- C’est exact je sais l’impact qu’elle a, aussi je suis prêt par de bons émoluments à payer ce nouveau contrat.
- je devrais en parler à mon mari ;
- Non madame vous gérez seule votre maison close d’après ce que je crois.
Elle saisit son carnet écrit le prix ;
- D’accord.
- Tu sais la nouvelle Cyprien, le comte de Tourne veut m’acheter Délice ; je suis d’accord, elle ne me rapporte pas tellement, en tout cas pas comme j’espérais, si ça continue je devrai la déclasser elle va être une charge.
- Tu lui demandes un bon prix, je te fais confiance, tu dois avoir des exigences lourdes, profites-en, ton commerce tournera sans elle ! Surtout garde de bonnes relations avec le comte il faut garder la haute société dans nos manches, du tact, du tact, un semblant de négociations, tu comprends, des négociations ! Tu connais ton affaire elle est dans le sac. Elle nous est indispensable ?
- Non.
- Alors ! Il tend un papier sur lequel il a écrit un chiffre (c’est la coutume leur politique d’écrire les chiffres, la peur d’un mauvais sort ! Ils écrivent le prix à payer, c’est une règle qu’ils appliquent superstitieusement)
- Tu crois ?
- Tu verras bien, je te répète ce n’est pas mon bisness.
Monsieur le comte demande de bien vouloir faire venir Délice
Madame Irène appelle Reinette.
- Vous appelez Délice s’il vous plait.
- Oui madame.
Délice approche majestueuse.
Asseyez-vous entre nous Délice, nous avons le comte et moi trouvé un accord afin de renouveler votre contrat dans de meilleures conditions. D’un commun accord nous avons pensé que maintenant vous serez la locataire de la maison. Avec moi, vous m’aiderez à la bonne tenue de la maison pendant quelque temps, les décisions de monsieur le comte sont approuvées totalement par moi, c’est à vous maintenant de donner votre accord.
Désorientée elle n’arrive pas à lire, le comte vient à son secours.
- Voulez-vous que nous lisions ensemble ?
- Excusez-moi j’ai perdu l’habitude de lire, je ne comprends pas le vrai sens des mots !
- Vous êtes libre de refuser. Vous avez entière liberté dans la maison close vous êtes sous ma protection. Etes-vous d’accord ?
- Oui monsieur ;
- Vous avez réfléchi ?
- Mais oui monsieur.
- Votre vie va changer chère Délice nos contacts seront ici pour l’instant, madame Irène sera notre intermédiaire elle vous fera part de mes instructions de même j’aurai les vôtres, nous en discuterons. Vous êtes discrète et fidèle.
Délice signe sans comprendre.
Monsieur le comte salue madame Irène tape quelques petits coups de canne, racle sa gorge, prend le bras de Délice, l’entraine vers le harem.
Eloi de Risquetou est ému en sonnant à la porte de la maison d’Irène, son voyage à Beaugency l’a éloigné de Paris, les cours instants où il a été plongé dans l’histoire de France l’ont éloigné de sa vie coutumière, c’est bouleversé qu’il attrape le marteau, timidement il tape et quel fut son étonnement de voir Délice lui ouvrir la porte.
- Entrez monsieur Eloi.
Délice dans une robe toute simple accompagne Eloi, ils se dirigent vers le salon réservé.
Eloi se tait, il suit docilement, ne comprend pas.
- Asseyez-vous monsieur
- Délice vous semblez si délicieusement heureuse, tellement lointaine dans votre sublime beauté, si touchante, vous m’en voyez ému
Délice lui prend la main.
- Mon cerveau a de nouvelles espérances, comment vous expliquer ! Je suis régénérée excusez mes maladresses à m’exprimer ;
Eloi sent un bien être qu’il avait oublié ! Il se tait.
- Monsieur c’est un vrai plaisir de vous revoir ; Ils avaient approprié ma personne tous, alors que je ne leur avais pas donnée ; J’ai retrouvé ma liberté monsieur.
- Ne trouvez-vous pas l’air plus léger, je sens une tranquillité dans mon âme que je ne connaissais plus depuis si longtemps ! C’est bon, vous avez un pouvoir aujourd’hui étonnant que je ne vous connaissais pas, Délice intimidé papillonne des yeux se penche vers lui puis baisse ses yeux pudiquement.
- j’ai tant de plaisir d’être en votre compagnie monsieur je ne sais comment l’exprimer, votre immense savoir me gêne parfois il est si curieux qu’il m’amuse aussi, je suis si loin de vous, un monde nous sépare, je suis si simple si attachée aux gens qui m’aiment que j’ai peur. Les seuls qui m’aiment mes chers parents pendant plus d’un an, mes parents si bons si attentifs, leur seule fille, c’est un drame ! Je les ai oubliés
Qu’allez-vous imaginer ils vous accueilleront à bras ouverts.
- Vous êtes si bon, si rassurant je retrouve un bonheur que je croyais perdu, votre présence dans ma vie est un bienfait de Dieu, restez avec moi monsieur !
- Mais qu’allez-vous imaginer ! Vous êtes étonnante, je suis sensible à votre beauté nouvelle, elle est si pathétique ! Là devant moi je vous compare à une déesse tragique si c’est faisable ! Est-ce normal chère Délice ?
- je ne veux pas vous perdre monsieur !
- Pourquoi cette pensée !
- Vous m’êtes précieux.
- je suis là, Délice, je souffre lorsque je suis loin de vous, qu’avez-vous ! Quel tourment vient voiler vos beaux yeux !
- Il y a une histoire nouvelle.
- Nouvelle ?
- Oui monsieur nouvelle.
- Elle a tant d’importance ?
- Elle va changer ma vie.
Monsieur Eloi de Risquetou va d’étonnement en étonnement.
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Rédigé par Boyrie à 22:15 | Lien permanent
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Rédigé par Boyrie à 10:30 | Lien permanent
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Rédigé par Boyrie à 21:40 | Lien permanent
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Rédigé par Boyrie à 19:40 | Lien permanent
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Rédigé par Boyrie à 12:04 | Lien permanent
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25/12 :2011
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- Regardez devant vous mademoiselle Délice.
- Je vois monsieur
- C’est beau n’est-ce pas : il y a tant de façons de voir ce harem. Devant vous de très jeunes filles posent alanguies pour attraper les hommes désireux d’assouvir leurs désirs, voyez comme leurs poses sont étudiées on les croit naturelles, un spectacle éprouvant pour des nerfs sensibles, regardez bien, tenez par exemple si l’on fragmente ce tableau, je vais saisir cette toute jeune fille si naturellement étendue sur le canapé, quel beau tableau pour un peintre ! Et ces deux, là-bas les voyez-vous ? Leurs bras se déplacent gracieusement : mon regret mademoiselle est de ne pas être peintre je n’avais pas les qualités !
- Vous Délice que voyez-vous ?
- Moi monsieur j’ai la tête creuse !
- J’allais dire : vous êtes bien heureuse, je retire cette pensée, ce ne serait pas très élégant, surtout, je ne vous crois pas.
- Vous êtes si belle que vous troublez mon entendement ; ne soyez pas effarouchée. Aujourd’hui vous êtes triste ce qui vous rend encore plus belle si c’est possible et si énigmatique pour mon pauvre cerveau, vous voyez mademoiselle Délice nous avons des problèmes de cerveaux : le mien est malade d’un contenu trop grand !
- Voulez-vous que nous composions ensemble ?
- Monsieur si vous saviez !
- Je sais déjà beaucoup sur vous ;
- Comment pouvez avoir connaissance des drames qui m’habitent
- Je vous vois passer lointaine envoyée vers des chosse inaccessibles, c’est ainsi belle dame que je vous vois.
- Vous êtes un devin monsieur.
- Oh ! Non, j’ai seulement l’habitude de regarder, d’observer. Vous êtes amoureuse de Pietro ; Il bouscule, bascule toutes les plus belles filles, c’est le rabatteur de la maison de passe d’Irène, les jeunes filles simples et naïves tombent dans ses bras, vous connaissez la suite infernale, ce marché est juteux pour votre tante, Délice. Le sieur Eloi de Risquetout traîne sa monotonie, tente d’échapper à une dépression permanente dans des salons de la haute société de Paris, j’ai eu l’occasion de le voir nous avons échangé quelques mots. C’est un homme cultivé, agréable. Dans cet antre il vous a découvert Délice c’est tout en son honneur. Vos si beaux yeux sont tristes je ne voudrais pas vous importuner j’en serais affligé croyez en ma parole.
- Non monsieur bien au contraire vous êtes si bon quand vous me regardez !
- Plait-il à mon amie de m’en informer ?
- Monsieur votre langage est joli, j’ai peur de ne pas être à la hauteur.
- Votre langage Délice est plein de vérités simples. Un espoir contrarié ? Des regrets ?
- Oui monsieur pleins de regrets sont en train d’anéantir ma vie !
- Anéantir ?
- j’ai laissé mes parents sans donner de mes nouvelles depuis plus d’un an !
- Eh ! Bien en voilà une bonne nouvelle qui m’arrive !
- Vous pensez ! je suis désespérée !
- Oui, mademoiselle Délice : imaginez leur bonheur de vous retrouver ;
- Mais que dois-je dire !
- Rien Délice, seulement l’amour guérira les plaies ma petite amie.
- Oh ! Vous êtes bon, que me dites-vous là !
- C’est naturel l’amour entre parents enfants, laissez-vous aller, surtout ne dites rien. Ne tardez pas, Nous nous revoyons dans le harem, votre robe est parfaite, vous ne serai plus importunée : vous comprenez ma pensée…s’il y a une barrière à franchir c’est à moi de le faire. Vous allez voir vos parents en fille aimante, ici chez madame Irène pendant le temps qu’il vous plaira vous serez la collaboratrice de madame Irène. N’oubliez pas monsieur Eloi de Risquetou il vous aime.
- Monsieur le comte de Tourne de la Tournière salue Délice va vers la sortie Délice le suit il se retourne.
- Mademoiselle vous devrez avoir une autre tenue à dater de maintenant. Mettez cette jolie robe elle vous va à ravir.
- Aujourd’hui est le plus beau jour de ma vie vous êtes mon bienfaiteur, aujourd’hui je retrouve ma dignité. J’avais un poids lourd sur ma poitrine qui empoisonnait ma vie, déjà je suis mieux grâce à vous monsieur le Comte
- Monsieur le comte de Tourne de la Tournière tape par petits coups sa canne pour montrer qu’il est satisfait puis disparait accompagné par ses coups de canne. .
Rédigé par Boyrie à 18:35 | Lien permanent
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22/12/2011
En descendant l’escalier Délice doit s’accrocher à la rampe elle éclate en sanglot, manque s’étouffer des images surgissent de son père sa mère, son enfance défile devant ses yeux, foudroyée elle doit s’asseoir sur une marche. Comment ! Ils sont sans nouvelles ! Quelles angoisses ils vivent ! Que puis-je maintenant ! Elle remonte dans sa cousette pour nettoyer son visage, atterrée se calme en se passant de l’eau froide. Prête à défaillir elle pense à son père sa mère ! Comment ai-je pu ! Comment ai-je pu ! Quelle malédiction pèse sur moi ! Je suis une impie, une crimine elle, n’ose plus se regarder. Mon Dieu qu’ai-je fait à mes pauvres parents ! Leur fille chérie tant aimée ! Comment ai-je pu ! Je vais en parler à monsieur le comte, fébrile elle descend les escaliers. Devant la porte elle s’arrête, hésite son cœur tape dans sa poitrine, plaquée contre le mur les yeux fermés le corps amolli, elle prend la poignée, la retire, l’approche timidement la saisit la tourne doucement, entre.
Le comte de Tourne de la Tournière né infirme la soixantaine a reçu une éducation où les études ont été le souci majeur de ses parents, donc il est doté d’un grand savoir sur toutes choses et naturellement il cherche à en savoir plus sur toutes choses.
Grand, il s’aide d’une canne, le dos déformé, déhanché, un abord agréable, un visage ouvert sympathique, le nez busqué la chevelure parsemée de blanc, une bouche ironique, un regard pénétrant et malgré ses infirmités il plait aux femmes. Son incapacité sexuelle bien connue dont il ne se cache pas l’a rendu imperméable aux attaques aussi il s’est forgé un tempérament solide face aux attaques. Il fréquente les plus chic salons de Paris où la noblesse se réunit lors de fêtes mariages anniversaires, des bals dans des salles somptueuses où, là, il apprend les derniers potins du jour. Il tape sa canne dans les lupanars, les maisons closes, les lieux inhabituels, sordides, mal famés connus de la mafia, il passe partout frappant le sol de sa canne avec une élégance naturelle et partout on le salue avec respect.
Il écrit un livre sur les mœurs dans la capitale. Il est amené malgré lui à aller dans la maison de passe de madame Irène pour voir Délice. Et lui le savant n’arrive pas à pénétrer le secret de mademoiselle Délice. La construction parfaite du corps de cette jeune fille le fascine, des rêves envahissent perturbent ses nuits. Il voit partout la sublime Délice, il veut vivre avec elle, son plus cher désir est qu’elle prenne le nom de comtesse de Tourne de la Tournière.
Après avoir franchi la porte Délice va s’asseoir près de Reinette dans le coin le plus reculé du harem.
Reinette est la messagère de madame Irène elle accomplit parfaitement son rôle et là elle doit présenter Irène au comte.
- Regarde vers là : lui indique l’endroit d’un signe imperceptible.
- - Oui je connais ce monsieur, je le vois depuis longtemps.
- - Je dois te présenter
- - Oui.
Bon. C’est l’obsession de tante elle n’arrête de me dire : surtout ne la blesse pas par des mots malheureux par exemple, je ne dois pas te dire, il a des visés sur toi, il cherche à t’avoir, il est vieux, vicieux ! C’est- on ! Tu es d’accord ?
- - Oui.
- - Tu me suis ;
- - Délice est au zénith de sa beauté elle s’incline, sur l’invitation de monsieur le comte de Tourne de la Tournière, s’assoit. ,
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09/12/2011
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- Allez- vous vêtir mademoiselle vous me gênez.
Etonnée par ses premiers contacts avec monsieur de Tourne de la Tournière Délice va en parler à madame Irène
- Comment se fait-il que le comte de la Tournière dans le harem où nous devons paraître nues m’ait demandé d’aller m’habiller ! Madame ! Que dois-je faire ?
- Faites ce que vous demande le comte.
Après les nouvelles hallucinantes qu’elle vient de vivre, d’entendre, Délice va dans sa cousette pour se vêtir.
Elle se regarde dans son miroir, avec habileté relève ses cheveux, d’un geste prompte fait son chignon. Surprise, étonnée elle va chercher à aller au-delà de son habituelle vision d’elle dans la maison de passe de madame Irène. Elle se regarde avec plus d’attention surprise de se voir autrement elle veut attraper son visage, elle tend la main pour le saisir, son chignon se défait, ses doigts glissent dans la masse abondante, elle cherche leur couleur : auburn tirant vers le roux peut être ! D’un doigt délicat elle effleure sa peau jusqu’à ses yeux, s’approche du miroir pour mieux les voir au bout d’un moment découvre qu’ils sont verts bleus, les écarquille s’approche plus près étonnée : puis doucement elle glisse ses deux mains sur le modelé de son visage descend vers son cou long et fin Elle s’éloigne pour se contempler.
Elle est d’une humeur chagrine.
Troublée elle va regarder son corps devant sa glace avec attention elle se regarde un geste sur ses hanches une caresse sur ses seins fermes, des formes aux doux arrondis au galbe parfait, elle se voit de profil puis de face glisse ses mains sur ses hanches, toutes ses grâces qu’une main géniale a modelé elle ne les avait pas vues, elle se redresse fière, va du miroir à la glace plusieurs fois, la gorge nouée par l’émotion.
Une pensée vague assombrit ses beaux yeux.
En cherchant dans le placard une robe pour plaire à monsieur de Tourne, ne trouvant rien elle va s’asseoir en poussant un énorme soupir, tracassée à l’idée d’aller dans le harem habillée. Elle retourne à son placard décroche trois robes. La première de la couleur de ses yeux elle hésite enfin décroche une robe de la couleur de ses cheveux, la troisième la couleur de sa peau, c’est celle qu’elle va choisir puis haussant les épaules mais bien sûr c’est elle !
Devant la glace et pour la première fois elle existe.
Une sourde colère, un vertige, elle s’accroche à son fauteuil, elle voit Pietro.
Pourquoi je n’ai rien compris !
Il m’a sali m’a déshonoré, m’a placé dans ce lieu immonde et moi je l’attends, là ! Ah ! Que je suis naïve d’avoir cru à son amour ! Maudit soit-il il m’a embarqué dans cette vie ! Je me méprise j’ai honte. Jamais un mot gentil, je ne connais pas l’amour ! Je le déteste, le hais, le maudis. Des larmes coulent en abondance de ses beaux yeux, elle souffre passe du désespoir à la colère à la honte.
Fébrilement elle enfile sa robe, De nouveau devant la glace elle admire sa robe qui laisse entrevoir son jeune corps puis elle met des chaussures à talons assorties. D’un léger balancement elle admire la souplesse de son jeune corps, surprise elle sèche ses yeux, nettoie son visage, se regarde de nouveau...Une colère sournoise l’empêche de respirer, la fait trembler, elle crie, adjure tous les Dieux de l’aider, jure que ça va changer, clame que les feux de l’enfer attendent Pietro, enfin calmée elle retrouve sa respiration, va peigner ses beaux cheveux qu’elle agrémente d’un beau peigne, maquille son beau visage. Elle ne peut s’arracher du miroir, de la glace, dans sa robe couleur de sa peau elle semble sortie d’ailleurs. Elle respire à fond pour calmer les battements de son cœur, puis les yeux humides elle va trouver monsieur le comte de Tourne
- Qu’est-ce qui vous arrive Eloi, je vous trouve songeur, votre vie ne s’est pas arrêtée à Beaugency, (ce n’est pas dans vos habitudes !)
- Seulement un peu de fatigue : je pensais à Saumenier, un heureux homme plein de talents, cultivé, un peu servile, il a trouvé une forme de bonheur…
- Servile !
- le personnage est resté fidèle à lui-même, un guide au riche savoir de notre histoire de France, j’ai été étonné de mon ignorance, j’ai passé un agréable jour, vous savez : je ne suis pas un fanatique d’art mais là, Saumenier a su capter mon attention.
- Vous aviez oublié votre cher Paris !
- Un moment peut-être. Il pense au costume qu’il mettra pour aller voir Délice.
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Ils étaient de plus en plus pressants, j'avais dû apprendre à l' aimer par étape.
Le compagnon de mes jours solitaires avait de la peine à me suivre, je le malmenais soit. Mes désirs étaient de plus en plus pressants, j’avais dû apprendre à l’aimer par étapes, il m’était si étranger si difficile à cerner à attraper à connaître ! Presque impraticable pour ma sensibilité mon vocabulaire tellement autre ! Je dû m’atteler, avec peine j’ai appris à l’aimer, quelle tâche ! Quelle souffrance ! Et aussi quel bonheur ! Que de découvertes enrichissantes, surprenantes m’a donné mon vieil ordinateur maintenant remplacé par un autre qui a la lourde tâche de le remplacer. Je dois réapprendre à aimer il ne pourrait en être autrement, je dois aller dedans souvent pour le comprendre.
J’étais épuisée à vouloir le ranimer, un peu comme font les chirurgiens je branchais puis débranchais mille fois ! Pour rien ! J’avais trouvé le remède : simplement le laisser reposer il me permettait d’aller dans internet ! Pas plus.
L’entêtement à ne pas accepter que mon ordinateur était en train de me lâcher ce que j’acceptais difficilement m’épuisait. Oui bien sûr celui-là est plus rapide, plus performent, mais pour l’instant il m’est étranger il y a des choses qui manquent que je n’arrive pas à remplacer ! Ce remplaçant m’échappe il va falloir que j’apprenne à l’aimer, recommencer. Mon cœur reste sensible à son contenu, je l’aime comment pourrait-il en être autrement !
Voilà deux nuits ou trois ou quatre je ne sais plus même beaucoup de nuits depuis mon début de vie je fais ce rêve : Je suis dans une grange avec de la paille et mes chats.
Liliane Boyrie 17/12/2011
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jE SUIS EN PANNE D'ORDINATEUR JUSQU'à MARDI!
Rédigé par Boyrie à 20:29 | Lien permanent
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Le cadeau de Bandit
Lucie est sur le radiateur dans ma chambe, j'ai placé une chaise à cotè pour qu'elle puisse y accéder facilement.
Je l'ai cru perdue , elle avait vomi l'eau qu'elle venait de boire. J'ai tenté de la revigorer avec tout ce qu'il ne faut pas donner aux chats ! Son moral s'est trouvé au Zénith le mien aussi! Elle est dans sa dixième vie.
Je m'étonne de Bandit.
J'ai assisté malgré moi sans pouvoir rien faire à la fin tragique d'une souris . J 'espérais lui prolonger la vie mais de la part de Lucie ce fut différent elle s'est précipitée sur la pauvre bête l'a croquée en quelques minutes : c'est une sauvage. Je regardais le petit boyau par terre. la souris était partie dans l'estomac de Lucie!.
Il y a chez les animaux comme chez les humains en ce qui concerne les chats , des bons chats; Bandit a donner à Lucie la souris
Le cadeau de Bandit
Le bulletin de santé de Lucie est bon, puisse t-elle encore quelque temps me montrer ses grands yeux tristes.
Liliane Boyrie 06/12/2011
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O4:/12 /2O11
Quel mystère m’empêche de vous saisir Délice voilà sept jours de la semaine passée où je m’évertue feuilles après feuilles avec mon fusain d’être avec vous de vous trouver de me réchauffer à votre éclat ! En vain ! Là : essayez de prendre votre pose préférée, soyez naturelle ; Délice vous me détruisez, mes mains me trahissent, elles hésitent, elles doutent, elles paniquent, je vis une tragédie !
Georges Eberlué les traits creusés par une angoisse qui le poursuit va de Délice à son chevalet énervé il est en perpétuel mouvement clame son incapacité à la peindre, mais pourquoi ! Délice ! Pourquoi ! Il veut rectifier sa pose, insatisfait la poitrine creusée par la souffrance il reprend son fusain
Délice devant le drame de l’artiste Georges Eberlué cherche des poses acrobatiques croyant l’aider.
- Non Délice, vous allez vous rompre le cou : attendez, soyez plus modeste, regardez, et Eberlué tel un magicien s’installe dans des poses savantes lui montre où elle doit placer ses bras ses jambes. Vous voyez ! C’est si simple ! La beauté rayonne en vous, vous êtes éblouissante, il va falloir recommencer.
Il tente de bien lui placer ses bras et ses jambes afin d'avoir la pose espérée. Vous êtes à l’aise maintenant ?
- Oui monsieur.
Eberlué reprend son fusain pâle dessine en quelques traits le beau corps de Délice, une fois terminé il lui montre.
- Comment vous voyez vous ?
- C’est très beau.
Rhabillez vous s’il vous plait à la semaine prochaine.
Délice doit retrouver Cyprien dans son bar restaurant, quelques minutes d’une marche assurée.
Dans les séances de pose qui durent quelques minutes, appliquée, patiente, docile Délice devant les affres d’Eberlué sort de son enveloppe charnelle, traumatisée son esprit s’envole laisse son magnifique corps exploser dans une outrancière beauté.
- Lorsque j’étais élève à l’école des beaux arts, j’ai peint des nus hommes et femmes, j’étais à l’aise, je croquais ces nus en quelques secondes, avec vous Délice j’ai un désarroi qui me paralyse au point de ne plus vous voir.
Elle lui échappe.
Eberlué a fait des études poussées dans l’art du nu, de tous les genres des petits des grands des gros des maigres. des dodus Décontenancé seul dans son atelier la tête entre ses mains il retrouve ses cours qu’il suivait avec assiduité, attentif aux reproches de ses professeurs, élève appliqué il se remémore le travail appris, tout est correct dans sa mémoire, les conseils de ses professeurs sur la perspective, les contrastes, il a suivi avec plaisir les cours, sûr de bien comprendre heureux des bons résultats, il a donné satisfaction a ses professeurs et s’est lancé dans la profession d’artiste peintre.
- Comment avez-vous passé votre séance de pose ? Vous êtes chanceuse Délice vous méritez d’être immortalisée, je suis convaincu (c’est mon idée) qu'Eberlué aura un avenir brillant déjà il le prouve, ’ c'est un esprit brillant, tourmenté à chercher la perfection - Comment le sentez vous ?
Lorsque je pose je disparaîs, je pars…ailleurs…je m’échappe ; Pensez-vous que les artistes soient ainsi faits ?
Cyprien doit réfléchir ; Il frappe dans ses mains
- Primate !
Que prenez-vous ?
- Un verre d’eau.
- Allons.
- Primate apporte pour Madame une orange pressée pour moi un whisky.
Dans trois enjambées Primate est derrière son comptoir revient aussi vite.
- Et vous Délice qu’en pensez-vous ?
- C’est un mystère.
- Oui un mystère… un mystère...
- Un mystère
- Je vous raccompagne.
- Primate tu prends la direction je m’absente ;
- Oui Monsieur.
Délice devant la manière d’être perçue par Eberlué est malheureuse, triste, désorientée. Elle avait pensé à une idylle amoureuse avec lui ! Charnelle, décontenancée il lui tarde de retrouver sa cousette rose.
Elle pense à Pietro à ses regards de feux.
Pourtant elle va continuer de poser, curieuse.
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29/11/2011
- Madame si j’ai commis quelques erreurs je ferai tout pour m’améliorer. Je suis amoureuse de Pietro, ici je l’attends. Mon cœur bat pour lui ! Madame ! Mon cœur est si malheureux, si triste ! Comment l’oublier ? Il c’est infiltré dans mes veines un venin qui empoisonne mon âme et, lorsque je le vois : rarement ! Mon cœur est plein d’amour, et vous dire : lorsqu’il est avec moi ses yeux envoient des flammes qui brûlent mon corps ! Comment vais-je m’en sortir Mon Dieu !
Madame Irène Durento effleure les mains de Délice pousse un soupir de compassion gênée par sa beauté souveraine.
- Oubliez le. C’est un rabatteur de filles, pieds et poings liés avec sa femme, ses enfants, son père Robertini le parrain, ils se serrent les coudes tous ensembles, c’est leur ultime recours pour vivre.
- Vous me chagrinez tante.
- Laissez moi vous dire : je vois un avenir brillant Délice, parée comme une déesse où votre éclat fera pâlir vos diamants, je vois des habits de princesse où vous aurez l’éclat du soleil où ces messieurs chuchoteront des mots doux des mots qu’ils devront retrouver et aussi Délice l’étrangeté d’une vie hors du commun : vous laisser vivre, vous laisser admirer, passer dans les salons renommés de Paris comme une reine, souveraine, les mots seront inutiles.
Ce confort là vous l’aurez si vous voulez.
- Ah ! Tante que me dites vous là ! Vous êtes cruelle, ne me faites pas rêver vous me racontez un conte de fée, vous m’attristez davantage ! Quelle pensée vous envoie me torturer ainsi ! Ma vie est si lamentable. Je dois subir les histoires des messieurs, les bizarreries de monsieur de Risquetou, pourtant monsieur Eloi tente de me faire retrouver un peu de dignité d’estime pour la pauvre fille que je suis.
Madame Irène de plus en plus compatissante
- Nous allons boire un thé ?
- Oui tante.
Madame Irène tape dans ses mains : c’est le signal que connais bien Reinette.
Reinette a enfilé rapidement sa robe que dévoilent des formes juvéniles.
- Vous avez de belles années devant vous, ne les gâchées pas ici, vous vous enivrez de tous les parfums, dans cet endroit les objets les formes ainsi que les couleurs ont été savamment étudiés pour anéantir toute volonté.
Lorsque les messieurs franchissent la porte toutes leurs envies refoulées prennent leur plein épanouissement.
- Madame Irène, voilà des mois que je vois dans le harem votre pensionnaire mademoiselle Délice et d’après ma longue observation sans faillir à mes exigences je pense que mademoiselle Délice n’aura pas l’outrecuidance de profiter de mes infirmités. Je ne la crois pas vénale, ma patience est sans limite lorsque je désire quelque chose. Je tiens à la rencontrer dans le harem, Reinette recevra vos ordres elle aidera à me remarquer.
- Bien monsieur de Tourne de la Tournière croyez en mon désir le plus grand de vous contenter monsieur de Tourne de la Tournière.
- Je ne doute pas de vos compétences chère madame, vous avez la finesse, le tact, la manière qui convient à votre maison de grande classe. Vos clients atteints de pulsions dévastatrices, de vices multiples sont rassasiés dès qu’ils entrent dans cette maison aux mille senteurs. Je vous félicite, et vous remercie de votre agrément.
Plusieurs pensées se bousculent dans sa tête, une bonne, bonne, très bonne affaire, juteuse, madame Irène hésite à trouver la forme qu’il faut donner aux mots pour aboutir à cet événement. Elles échangent quelques mots, Délice se confond en excuses d’être si maladroite de ne pas satisfaire au bien fondé de la maison.
- Vous n’aurez rien à donner en échange seulement vous laisser admirer. Aux yeux de la société vous serez Madame de Tourne de la Tournière, vos amis pourrons vous rendre visite, n’imaginez pas faire venir Pietro, c’est le meilleur qui peut vous arriver ! Vous aurez un maître d’hôtel, des domestiques : c’est le style de la maison. Vous partagerez avec Monsieur son rêve. Chacun aura son indépendance sans en abuser bien évidemment, imaginez votre nouvelle histoire Délice !
- Mais pourquoi ? Madame.
- Parce que vous avez eu le bonheur immense d’avoir été remarquée par l’homme le plus riche de Paris.
- Je le connais ?
- Vous l’avez vu dans le harem : essayez de voir parmi les habitués,quel est l’homme qui veut faire votre bonheur qui peut vous offrir une vie fabuleuse que nul n’ose espérer et pourtant elle s’offre à vous Délice.
- Madame ce monsieur tordu ! Vous m’imaginez avec cet homme !
- Je ne peux vous imaginer ici.
- Vous me le présenterez, vous avivez ma curiosité. Il se distrait dans les harems ?
- Il étudie les mœurs des harems. Il vous convoite depuis longtemps. Délice Avec lui vous aurez un amour platonique, il est sans émotion de ce coté là. Je ne pense pas que le problème soit là. Si vous avez une attirance par exemple monsieur de Risquetou vous êtes libre, vos galants vous pourrez les honorer dans une aile à part, Si l’honorabilité du sieur est bonne vous pourrez l’inviter à partager votre repas, le couple de Risquetou par exemple.
Monsieur de Tourne de la Tournière a un savoir immense. Lors des fêtes tous les salons chics connaissent ce monsieur pour son esprit sa perspicacité à voir les complexités des endroits où il est Partout il est invité et chacun se réjouit de son esprit caustique de sa perspicacité.
C’est dans ces endroits compassés où l’on se salue avec un discret sourire où l’on fait semblant de s’étonner de se comprendre où l’on cherche la fourberie de chacun cachée aux travers de phrases bien dites comme : Mais bien entendu cher ami : Madame votre beauté me touche : j’ai oui dire que Monsieur de …a acheté un duplex place des Vosges : A oui je me félicite d’avoir fait sa connaissance, il est très bien. Oui j’ai entendu dire quel malheur ! Pauvre Madame de …!
Ils font semblant de savoir Délice, d’apprendre, d’être enchanté, d’approuver d’un air entendu et, dans les salons ils traînent leur ennui. Monsieur de Tourne de la Tournière grâce aux titres de noblesse à sa fortune inestimable a pris place dans les grandes familles de Paris, son esprit caustique affole les épouses de ces messieurs, elles en raffolent que de jalousies vous allez susciter !
- Madame, Madame où m’envoyez vous ! Je suis une fille toute simple ! Sans bagages ! Quelle épreuve pour moi ! Imaginez les moqueries de ces dames au grand nom ! Toutes leurs perfidies, leurs moqueries !
- Votre beauté Délice éclaboussera tous les ragots.
- Ah ! Mon Dieu ! Mon Dieu !
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2011-11-24
Quand elle fait marcher son grelot seulement dans certaines occasions c’est signe d’une humeur joyeuse elle le gringotte savamment envoie des tintements aux couleurs gaies aux goûts de parfums de desserts fruités, elle jouit des cliquetis dont elle joue en grande professionnelle
Madame Irène a posé son grelot près d’elle le caresse délicatement. Reinette sa messagère accourt pour prendre ses intentions.
Mademoiselle Reinette s’approche, elle a vêtu son jeune corps de vêtements légèrement amples peu transparents d’un pas de danseuse montrant un corps ondoyant elle vient saluer madame Irène.
- Vous avez une mission Reinette.
- Oui tante Irène.
- Vous allez demander à mademoiselle Délice d’avoir l’amabilité de venir.
- Oui tante Irène.
La porte s’entrouvre, le grattement contre la porte à une heure inhabituelle Délice avance prudemment la tête avant d’ouvrir.
- Entre Reinette, qu’est-ce qui t’amène ?
- Tante souhaite te parler.
- Tu sais pourquoi ?
- Je pense à une bonne nouvelle.
- Pourquoi ?
- Son grelot.
Toutefois Délice est inquiète, elle choisit une robe discrète laisse voir une beauté naturelle resplendissante, fascinante, lointaine.
L’inimaginable candeur de Délice émeut madame Irène son métier de maquerelle lui envoie une vision de filles peu amène, de l’argent facile, de l’indolence, une fainéantise qui les ont conduites dans une maison de passe. Avec son mari ils ont fondé cette maison et ils ont formé un couple où chacun à sa tâche c’est à monsieur que incombe le délicat choix des filles, intransigeant sur leur bonne tenue, de bonnes familles, de bonne éducation, de la classe enfin, belles, de l’allure, du chien tout pour attirer les messieurs de la haute société parisienne.
La dure, l’inflexible, la méprisante madame Irène Duranto avec des regards caressants accueille les visiteurs, compatissante devant leur détresse,
Reinette salue se retire.
Madame Irène en voyant approcher Délice ne comprend pas son émotion son malaise
- Bonsoir Délice Comment allez-vous ?
- Je me sens bien avec vous
Allons nous asseoir dans le petit salon si vous voulez bien, nous n’avons pas tellement le loisir de nous voir Délice, ce plaisir si rare donne une valeur à notre rencontre, nous allons en profiter, lorsque vous apparaissez je suis émerveillée, vous êtes un régal, en ce moment avec vous je m’interroge sur l’émotion que vous engendrez, j’écoute les compliments tous semblables, vous êtes une reine, certains hésitent à vous approcher ! Que puis-je faire pour vous !
Madame Irène depuis plusieurs jours a une idée qui trotte dans sa tête.
Monsieur de Tourne de la Tournière a des visés sur Délice, immensément riche, il laisse une fortune dans les maisons de passe où il vit la moitié de son temps ici ses visites sont ponctuelles trois fois par semaine à la même heure. Déhanché et bossu il fait face a cette tare en passant ses jours dans les maisons de passe de Paris. Avenant il plait et la haute société l’invite lors des fêtes car brillant de langage il anime ces réunions.
Avec madame Irène il parle souvent, là, il va lui demander de collaborer à son histoire
- Ma très chère Dame parmi tous les pouvoirs que vous avez réussiriez-vous à convaincre la très, très belle Délice de m’épouser ! Vous savez comme je sais être reconnaissant ! J’insiste sur ce point important, il n’est pas question de quoique ce soit de sexuel la nature m’a pourvu généreusement de plusieurs infirmités, vous comprenez que je ne peux avoir aucune pression sur ce sujet aussi mademoiselle Délice aura entière liberté, seulement j’exige une entière fidélité à ma personne, je la présenterai dans les grandes familles, j’en ferai une reine.
Assise face à Délice elle la regarde attentivement pense à la bonne affaire elle roucoule quelques mots d’encouragement des yeux doux.
Délice naturellement, confiante, heureuse attend sûre de la bonté de sa chère tante Irène, un moment s’installe, la lumière tamisée gomme doucement les formes endort l’esprit.
Confiante Délice attend la bonne nouvelle entrevue par son amie Reinette.
Rédigé par Boyrie à 11:16 | Lien permanent
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19/11/2011
Une fois dehors Saumenier réunit ses touristes monsieur et madame de Risquetou monsieur et madame Arkange afin d’expliquer la suite de la visite de Beaugency.
- Bien évidemment, bien évidemment nous avons une immense, immense chance, vos qualités multiples que nous avons eu le plaisir de découvrir jusqu’ici font que nous n’allons pas vous lâcher, il se tourne interroge Saumenier qui, ému par le discours de l’honorable monsieur de Risquetou lance une salve de clignements qu’il arrête.
Saumenier se tourne vers madame de Risquetou, interrogatif.
- Vous êtes un artiste complet monsieur, vous nous avez transfiguré, il y avait dans votre musique tant d’ardeur de passion !
Il se tourne vers monsieur Arkange
Joseph racle sa gorge s’avance près de Saumenier tâte sa pipe dans sa poche étouffe une toux mal venue
- Monsieur, vous nous avez amené vers une spiritualité, j’ai été magnifiquement envoyé vers des lieux divins, je vous remercie au nom de nous tous.
- Il se tourne vers madame Arkange.
Madame Arkange dans quelques petits battements de cils pour cacher son trouble.
- Tout d’abord je vous remercie de ces moments merveilleux, je suis particulièrement émue par la qualité d’écoute de ma famille, les compliments que j’aimerais faire ne trouvent pas de mots.
Monsieur Saumenier ému par ces bavardages salue en guise de remerciements, il tire son cou vers monsieur de Risquetou pour mieux l’entendre.
- Nous devons partir tôt nos enfants sont chez des amis, hélas ! Notre visite sera écourtée la qualité de vos connaissances que nous avons eu le grand bonheur de découvrir nous fait regretter de ne pas être assez disponible, Nous vous demandons de nous montrer l’essentiel de la rive droite, très riche en faune et en flore je crois ?
Monsieur Saumenier personnage hautement apprécié de Beaugency rassure monsieur de Risquetou
- Je vais seulement et rapidement vous montrer le principal avec des termes choisis pour que vous compreniez la biodiversité de cet endroit. Mais avant, je tiens à vous dire que vous avez un enfant charmant, mignon, adorable, je vous envie Monsieur Madame votre petit Candide est un fils de roi. Je suis visionnaire je prédis qu’il aura un avenir brillant.
Tous fixent monsieur Saumenier avec d’immenses yeux boivent ses paroles, des yeux qui sortent de la tête, monsieur Saumenier envoie plusieurs battements de cils pour appuyer l’importance du sujet.
- Venez nous allons prendre la voiture.
Tout le monde s’accorde en un clin d’œil pour suivre monsieur de Risquetou, écouter monsieur Saumenier.
- Nous passons sur l’unique pont qui traverse la Loire : le pont de Beau, vous lirez son histoire sur le livret. Arrêtez vous s’il vous plait. Nous n’irons pas plus loin. D’ici vous avez une vue sur les îles peut être voyez-vous la colonie de mouettes rieuses. La promenade est trop longue, si vous le désirez je serai à vos ordres pour vous faire visiter la forêt, d’ici la vue est belle, plus loin il y a une promenade de deux kilomètres ; je vous conseille si vous le permettez de revenir voir le travail des castors, la forêt alluviale est peuplée de saules de peupliers à bois tendre un régal pour les castors, vous voyez le sol jonché de troncs d’arbres qu’il faut enjamber.
- Je comprends l’intérêt de revenir à Beaugency déclare monsieur de Risquetou, se tournant vers Marguerite – nous pourrons amener David, Candide est trop petit
- Je comprends l’engouement de vos paroissiens pour la paroisse de la ville de Beaugency dont vous êtes le maître.
Il entend les chants Grégoriens voit la jeune fille voilée réprime un soupir
Monsieur Saumenier s’envole au paradis avec mille notes
- Je suis votre serviteur il baisse pudiquement ses yeux devant Marguerite fait un salut à tout le monde, disparaît.
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15/11/2011
Saumenier passe par des routes riches en histoire, il aime raconter par amour de son métier ;
- Voilà l’église Notre Dame, ancienne église abbatiale, incendiée, restaurée, il y eut le divorce de Louis VII et d’Aliénor d’Aquitaine, remariage d’Aliénor avec Henri II Plantagenêt - Je fais le tour de l’église pour voir si tout est en ordre. En attendant vous allez à l’intérieur, vous verrez les vitraux, la clarté de l’église est remarquable.
Eloi Marguerite Joseph Agathe suivent les conseils de Saumenier : ils admirent les vitraux la netteté et la clarté de la nef puis regarde le bel orgue.
Saumenier sort de la sacristie pose en bas de l’autel un vase rempli des fleurs offertes par une paroissienne, il longe le mur va trouver ses touristes
Asseyez vous plus loin, là, c’est bien.
- L’orgue est la plus belle pièce de notre église, je vais jouer quelques chorals, des petits préludes de choral extraits de l'Orgelbüchlein de Johann Sébastien Bach ; Je vais commencer par le choral du Veilleur.
Saumenier grimpe les marches.
les notes s’envolent sous ses doigts, pleines d’allégresses de ferveur. L’émotion est partagée chacun est dans un monde intérieur.
Eloi est dans un monde de paix de joie. Plus loin il voit une jeune fille voilée agenouillée la tête inclinée immobile dans une grande méditation, Il la regarde fasciné ne peut s’en détacher, prisonnier, ému, apeuré il saisit la main de Marguerite.
Saumenier emplit l’église de sons harmonieux. Monsieur le curé est allé se mettre dans un coin, il est venu en simple paroissien écouter les cantates si joliment jouées.
Saumenier transcendé descend l’escalier, tous s’approchent pour le féliciter.
- Vous nous avez comblé : savez-vous que c’est notre chantre, nous avons cette immense honneur, c’est un très grand artiste que nous gardons jalousement il élève nos âmes nous entraîne vers le divin..
- Monsieur le curé me taquine avec le contralto, je passe du contralto au ténor en passant par l’alto, j’ai de la peine à trouver le contralto.
- Pourriez monsieur Saumenier chanter quelques chants Grégoriens ?
- Mais oui.
Saumenier jette un regard circulaire voit la jeune fille en pleine méditation, pour elle il va chanter.
L’église est empli d’un chant mélodieux c’est un ravissement.
La jeune fille s’assoit écarte son voile, Saumenier chante avec une passion contenue les chants Grégoriens, lorsqu’il a terminé la jeune fille s’en va.
Eloi reprend ses esprits cherche la jeune fille, avec effort écoute monsieur le curé.
- Nous sommes sans mots : comment arrivez vous à communiquer tant d’émotion ?
- Je pense à ma chère épouse ! Que Dieu ait son Ame : il se signe plusieurs fois, pris d'une grande émotion envoie quelques petits clignements.
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2011-11-08
Ils attendent ; regardent la tour de César, prennent du recul pour la voir en entier la tête levée, s’avancent, reculent, cherchent le bon angle, Saumenier arrive au coin de la rue retardé par les fidèles confus il s’excuse dans un bref salut.
- J’ai l’honneur de chanter ou de jouer de l’orgue suivant le désir de monsieur le curé, il me considère comme une figure importante de Beaugency. Saumenier gonfle sa poitrine, ponctue certaines phrases d’un clignement d’yeux afin de mieux se faire comprendre, il cligne plusieurs fois des yeux pour montrer l’évidence, ses expressions animent son visage donnent à ses explications des notes convaincantes aussi tous les quatre Eloi, Marguerite, Joseph, Agathe ne le perdent pas des yeux écoutent l’histoire des monuments de la ville de Beaugency avec attention.
- Je vous montrerai l’église elle a un très bon acoustique vous verrez. Il entraîne par ses vastes connaissances le désir d’appendre l’histoire de la ville de Beaugency et Saumenier transporté par l’amour des personnages qui ont bâti cette ville tout le long des siècles communique sa foi en vivant les aventures des Seigneurs des vaillants soldats si bien qu’il lui arrive parfois de cligner d’un œil et de l’autre presque en même temps perdu dans l’histoire de Beaugency.
Tous sont ravis d’avoir un si bon guide.
- Ah ! Les habitudes ! Tous les dimanches monsieur le curé emprunte la rue passante à la sortie de la messe toutes les directions passent par la rue centrale. Là, régulièrement monsieur le curé croise des fidèles, intéressé, curieux il s’arrête pour lier conversation avec ces nouveaux venus pilotés par Saumenier.
Monsieur Saumenier vous avez la sensibilité pour toucher l’orgue c’est l’orgueil de nos paroissiens ! Notre église est trop petite !
Saumenier fait les présentations.
- Je vous présente monsieur de Risquetou son épouse, monsieur et madame Arkange : le curé de la paroisse de Beaugency
Les présentation faites Saumenier incline la tête du haut vers le bas, plusieurs fois afin de bien faire comprendre qu’il est en présence de personnages hors du commun, c’est les mains croisées qu’il salue monsieur le curé et ses touristes
Monsieur le curé prend la parole.
- Dans notre petite ville les gens se croisent se saluent, c’est rare si l’on ne croise pas une connaissance. Je vous félicite d’avoir monsieur Saumenier comme guide c’est un as pour raconter notre ville de la préhistoire jusqu’à Notre Epoque en passant par l’Antiquité le Moyen Age. Savez vous que le nom latin de Beaugency est Bulgenciacus, avez-vous raconté à ces messieurs dames la belle légende de la guérison miraculeuse en l’an 2.000 de Simon 1ier grâce à la bonne odeur qui s’exhalait du squelette de Saint Firmin trouvé par le clergé d’Amiens. Ah ! Ces légendes sont belles !
Tous ont les yeux braqués sur le curé les yeux arrondis les oreilles tendues.
Saumenier ose interrompre le bel élan du curé.
- Jeanne d’Arc eut un rôle important, elle libéra Beaugency de l’occupation des anglais !
- Mais mon ami je ne peux oublier notre Jeanne d’Arc dont la belle statue orne notre ville.
Allez je vous quitte, continuez votre visite n’oubliez pas l’église ; Monsieur le conte et Madame la comtesse sont de bons croyants, ils ne manquent pas une messe. Allez, je suis pressé de porter mes hommages à Monsieur le conte et Madame la comtesse de Beauretour : il jette un coup d’œil sur sa montre, midi trente, un petit salut, il disparaît
- Monsieur Saumenier vous connaissez un bon restaurant ?
- Vous en avez un à cinquante mètres, Beaugency est une petite ville avec de nombreux restaurants, une hôtellerie importante. .
- Mais vous allez venir avec nous ?
Monsieur Saumenier pris d’une émotion intense envoie par saccades des battements de cils qui mitraillent ses touristes pourtant pleins de bonnes intentions, apeuré à la pensée de dîner avec de si illustres personnages il est pris d’une frénésie de battements de cils qu’il contrôle avec peine par plusieurs hochements de tête.
- Merci, je ne peux pas, j’en suis très peiné, nous nous retrouvons à trois heures sur la place Saint Firmin, nous ferons le point. Je vous conseille d’aller voir le pont de Beau : vous avez mon petit lexique ; A tout à l’heure, bon appétit. Je vous réserve le meilleur pour plus tard.
Marguerite prend le bras d’Eloi l’entraîne vers des restaurants Agathe et Joseph traînent derrière.
- Tes parents chérie sont derrière, excuse moi de te lâcher je dois aller les trouver
Marguerite se tourne le regard interrogatif.
- Tu crois ?
- Oui c’est incorrect.
- Bon puisque tu le dis !
Joseph et Agathe sont arrêtés en train de lire la carte d’un restaurant, Eloi et Marguerite les rejoignent. .
- Vous avez trouvé ?
- Il y a plusieurs restaurants vers là choisissez Eloi, les prix sont abordables.
Eloi a retrouvé sa liberté de mouvements, il attrape Marguerite et Agathe par le bras les entraîne vers une pizzeria.
Les pizzas superbement exposées Eloi, Marguerite, Joseph, Agathe regardent les garnitures, attirantes richement garnies, colorées, ils entrent.
Chacun a sa petite histoire à raconter sur Beaugency, ses restaurants nombreux sa belle hôtellerie.
- Vous aurez des souvenirs inoubliables grâce à notre bon Saumenier.
- C’est un homme étonnamment intéressant, j’avoue que je n’ai pas vu jusqu’à ce jour un personnage qui manie l’intelligence avec une drôlerie une originalité surprenante,très bien dans son rôle de guide, Eloi pousse un soupir il voit sa belle Délice si étonnamment belle il soupire de bouveau, frappe dans ses mains pour commander les pizzas.
Sur la place Saint Firmin ils attendent leur guide monsieur Saumenier apparaît d’un pas assuré.
- Messieurs Dames vous avez bien déjeuné ? Et balader aussi ?
- Oui nous étions impatients de vous retrouver dit Eloi heureux de retrouver son guide.
- Le temps file à toute allure, je vous amène à l’église Notre Dame, je vais vous montrer l’orgue de notre église, Notre Saint Homme Notre bon Père et son prédécesseur mort dans la plus grande dignité portant secours aux plus dépourvus un Saint Homme : il se signe que Dieu ait son âme, m’ont appris à jouer de l’orgue.
- Suivez moi.
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04/11/11
- Papa ! Papa ! Je veux aller avec papa. Je
veux pas mon copain.
Agathe effondrée essaie de calmer Candide
- Tu en parleras à papa.
Hou !hou !hou ! Je veux papa, papa ! Hou !
- Voyons Candide : tu ne veux pas ton copain ?
Hou !hou !hou !
Eloi réveillé par les beuglements de Candide
- Tu entends ?
- C’est Candide qu’est ce qu’il a encore !
Eloi enfile en vitesse son pantalon prend les marches de l’escalier à toute vitesse.
- Hou !hou !hou ! Je veux aller avec papa, je veux papa !papa ! Il s’agrippe aux jambes de son père, Eloi prisonnier tente de se dégager, après des efforts il le prend dans ses bras.
- Qu’est-ce qu’il y a ?
- Je veux aller avec toi papa
- Ton copain ! Tu l’oublies ?
- Je veux toi papa.
- Bon nous allons arranger ça avec maman.
Anéanti Eloi s’assoit Candide sur ses genoux, appelle Marguerite à son secours.
Dans un dernier hoquet.
- Avec toi papa.
Marguerite a soigné sa tenue avant de descendre, elle descend les escaliers posément s’approche de Candide pour le prendre dans ses bras Candide se vautre contre son père l’emprisonne.
- Tu arrêtes de faire ta comédie,
Enfin Eloi se dégage Candide attrape son doigt le suce violemment
Marguerite veut lui sortir le doigt de la bouche.
- Regarde ton doigt il est tout mince !
- Que devons nous faire chéri ? David occupe toi de ton frère, maman ? Ils ont déjeuné ?
- Je vais m’occuper d’eux, ne vous faites pas de soucis.
Mamie.
- Alors tu ne veux toujours pas aller chez ton copain.
Candide joyeux va vers sa grand-mère
- Mamie ? Il furète sur la table à la recherche de la galette.
- La galette Mamie ?
- Elle arrive.
- David pourrait venir avec toi chez ton copain ! Qu’est -ce que tu en dis ? Ecoute moi David ; tu aimes voir de vieilles pierres ! De vieilles églises ! Aller d’une rue à l’autre ! D’une place à l’autre ! Ce serait plus agréable pour vous deux d’aller chez Rémi non ? Et puis sa mère fait de bonnes confitures et des galettes ! Bien meilleures que les miennes !
- Non Mamie ; c’est pas vrai, je préfère les tiennes
- Merci mes chéris, alors c’est oui ? C’est oui ?
En cœur
- Oui Mamie.
Tout le monde occupé à sa tâche dans un calme impressionnant. Candide met ses petits jouets dans un sac, David prend sa raquette.
Un coup de klaxon ils sautent joyeux dans la voiture.
Eloi soucieux va trouver Marguerite dans la chambre, il s’offre à l’aider.
- Tiens : là, c’est plus rapide à deux.
- Tu ne trouves pas excessif la sensibilité de Candide.
- Je pense qu’il a fait un cauchemar te concernant nul doute, le voir s’agripper à toi avec la peur horrible de te perdre ; cet enfant est notre souci. Vois comme maman le ramène à la raison, je m’interroge souvent, je ne comprends pas, il n’arrive pas à suivre son frère, je crois que c’est le problème, quand il sera plus grand ça ira. Ne te perturbe pas, je suis persuadée que c’est un cauchemar
- Pourquoi un cauchemar
- Tu n’en fais jamais des cauchemars !
- Pourquoi moi !
- On ne contrôle pas ses cauchemars, celui là l’a terrorisé, il a eu peur de te perdre Eloi !
Eloi apeuré passe sa main sur son front pour chasser la sublime vision de Délice, il tousse pour cacher le râle qui l’étouffe s’éloigne vers la fenêtre.
- Tu es prêt ?
- Non, je me dépêche.
De son coté Joseph range la table tourmenté par son petit fils il tourne autour d’Agathe pour l’aider, ce n’est pas dans ses habitudes.
- Pourquoi tu tournes autour, tu me déranges.
- C’est Candide.
- Quoi, Candide.
- Je ne sais pas.
- Puisque tu ne sais pas, tu te tais. Tu mets quel pantalon ?
- Qu’est-ce qu’il a eu Agathe ?
- Un mauvais rêve c’est tout.
- Alors toi, tu arranges ça à ta façon !
- Demande à ta fille.
Ce matin avant le départ pour la visite de la ville de Beaugency ils s’interrogent de l’attitude de Candide et tous sont inquiets sur le chemin à prendre, tous se posent la question : que va t-il devenir ! Où le diriger ! Tous cherchent la réponse dans l’autre.
- Agathe tu devrais t’en occuper.
- Tu n’y penses pas ! Il a ses parents son frère.
- Il t’aime Agathe, cet enfant t’aime, nous sommes conscients de son drame.
- Peut-être, il aime aussi ses parents, il faut qu’il grandisse. Maintenant tu me laisses j’ai à faire avant le départ, tu te prépares
- Oui, je me dépêche.
- Saumenier bonjour.
- Attendez monsieur le curé ne partez pas si vite.
- Vous avez l’alto le contralto que voulez vous de mieux ?
- J’ai des touristes
- Ils ne vous lâchent plus ! Vous voulez l’orgue, d’accord. Aujourd’hui j’ai plusieurs messes : l’église sera à vous de 3 heures à 5 heures. Qui sont ces heureux touristes qui ont l’immense chance de tomber sur un homme authentique.
- Authentique monsieur le curé j’ai à peine 65 ans bégaie Saumenier
- Mais oui cher ami vous êtes l’homme qui vient du fond des ages selon votre gré.
Monsieur le curé prend des formes pour interroger Saumenier ;
- Sont ce des gens qui savent apprécier ! Authentique ! Authentique ! Revoyez le contralto ! Le contralto ! Vous y arrivez.
Saumenier de la main droite tapote sur la paume de sa main gauche, essai le contralto, l’alto.
- L’allégro Saumenier il balance son bras dans l’espace s’en va : l’allégro : de la joie ! A tout à l’heure.
Saumenier clignote des deux yeux pour savoir de quels ages il est, se dépêche à aller s’habiller convenablement pour aller jouer de l’orgue à la messe de 10 heures
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Rédigé par Boyrie à 20:39 | Lien permanent
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2011-11-01
Eloi prend le parti de rester sur la terrasse, il laisse aller Marguerite et ses parents à l’intérieur la soirée est belle il contemple le soleil couchant, la nuit doucement recouvre le cottage, les lumières dans le salon où Agathe et Joseph font une partie de dominos renvoient un tableau paisible, plus loin Marguerite avec Candide sur ses genoux feuillette le petit fascicule de la ville de Beaugency.
Méditatif, il voudrait comprendre son manque d’intérêt et son ennui lancinant lorsqu’il est loin de Paris sa chère capitale. Une légère palpitation lui fait porter la main à son cœur. Il songe à Délice, à madame Irène, aux amis d’un soir dans le restaurant de Cyprien, au peintre Eberlué pris de passion pour Délice. Il est impatient de la voir poser, il revoit les peintures de nus dans les musées. Inconsciemment extrêmement curieux d’approcher le talent de ce jeune peintre de voir s’il n’a pas plagier un artiste. Impatient de voir l’atelier d’Eberlué, d’évaluer ses qualités artistiques.
Plongé dans l’univers de Délice. Eloi retrouve les couleurs qui enlèvent la fadeur de la vie. Il n’est pas jaloux, fier de voir Délice offrir son beau corps sublimé par l’artiste peintre Eberlué. Il a hâte de rentrer à Paris.
La lumière renvoie Joseph et Agathe attentifs, concentrés quelques mots échangés dernières images d’une soirée passée à jouer aux dominos, une distraction favorite pour passer les longues soirées d’hiver. Eloi regarde ce couple pacifique. Il pense aux lumières de Paris, aux variétés des loisirs qu’offre la capitale, aux vitrines éclairées l’intérêt qu’elles offrent, à la richesse de l’histoire aux traces immenses que les touristes étrangers ne cessent d’admirer, au chant mélodieux qui frôle ses oreilles, mots inconnus ! La patine de Paris subjugue Eloi lui fait oublier que demain matin à l’aube il faut se lever se préparer pour visiter la ville de Beaugency. Eloi pousse un soupir la fraîcheur du soir l’amène à rentrer. Il va boire un verre d’eau se laver les mains, salue ses beaux parents en leur souhaitant une bonne nuit, puis va rejoindre Marguerite avant d’entrer il frappe trois petits coups.
- Oui : entre.
Marguerite devant sa glace termine sa toilette du soir, elle a mis un déshabillé en soie aux couleurs délicates et douces, devant sa glace appliquée elle brosses ses beaux cheveux un livre près d’elle elle attend Eloi.
- Tu n’es pas couchée chérie !
- Pas encore, je t’attends.
Marguerite se lève s’approche de son mari son déshabillé s’entrouvre laisse voir son corps nu Eloi exprime une gène se détourne Marguerite rougit, les larmes aux bords des yeux
- Je suis très fatigué.
- Je pensais…
Viens chérie demain nous allons à Beaugency : tu connais ?
- Oui, tu verras, nous allons passer une belle journée, je connais ton goût pour les vieilles pierres ça va te plaire. Candide ira chez les Doucemille j’ai entière confiance en eux, sois rassuré.
La chambre décorée par Marguerite renvoie une douce chaleur une lumière tamisée colore avec délicatesse les murs. Le silence environnant accompagné du bruit imperceptible de la respiration régulière profonde d’Eloi ; Marguerite immensément déçue n’arrive pas à dormir quelques larmes coulent sur ses joues.
Dans le chemin du retour pris d’une grande allégresse Saumenier chantonne quelques airs envoie de ses doigts agiles quelques notes d’une musique baroque que monsieur le curé lui a appris il lance un allégro qui effarouche un petit écureuil occupé à grignoter une pigne de pin.
Demain avec monsieur le curé il va montrer à monsieur de Risquetou et sa famille le bel orgue de l’église où officie le curé. Accompagné de Jean curé de la paroisse il va jouer un air baroque et sur son chemin il révise chaque note bien qu’il les connaît parfaitement, les lance là sur sa route avec l’écho pour spectateur. Sur son chemin afin d’être prêt demain à laisser glisser ses doigts sur le magnifique orgue de la chapelle de Beaugency il révise ses notes lance des accents en reconnaissance à l’artiste de l’époque si bien qu’il arrive à son arrêt d’autobus étonné d’être là.
L’aube pénètre les persiennes un rayon lumineux traverse la chambre, c’est l’heure de se lever.
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28/10/2011
- Bon appétit monsieur Saumenier.
L’air vivifiant a ouvert l’estomac de Saumenier aussi c’est un homme heureux qui s’installe devant la table.
- Vous avez de beaux petits princes, vous, monsieur vous êtes monsieur David et vous petit monsieur vous êtes Candide, il s’incline légèrement devant eux.
Eloi de Risquetou, Marguerite, Joseph, Agathe gênés posent leurs yeux sur le brave homme heureux d’être entendu.
Nourri avec les rois les reines les princes il prend de la hauteur, campe son personnage néanmoins avec modestie.
Monsieur de Risquetou se hasarde à prendre la parole
- Vous êtes monsieur un personnage de notre histoire de France très intéressant, vous allez me donner ce que jusque là je mettais de coté l’envie de lire l’histoire de notre beau pays. Je soupçonne que vous avez aimé votre métier, que d’histoires vous avez vécu ! Vous êtes un homme heureux n’est-ce pas ! Il hume l’odeur du plat d’Agathe, tous le suivent, savourent, se régalent quelques légers bruits de fourchettes
Joseph en bon citoyen prend des nouvelles de la ville de Beaugency : qui gère ces merveilles, si les restaurations ne sont pas trop lourdes pour le budget de la commune, il prend des nouvelles de la paroisse, du maire, s’informe de sa santé.
- Vous semblez en pleine forme !
Monsieur Saumenier après avoir répondu aisément à toutes les questions de Joseph avec des yeux de reconnaissance devant l’intérêt qu’on porte à son être physique, confus, clignote de l’œil gauche, toussote, lève la tête vers le plafond.
- Je vais bien monsieur, je remercie le Seigneur tous les jours de ma vie des bonnes grâces qu’il m’accorde, il fut présent dans la terrible épreuve lors de la disparition de ma tendre épouse. Je suis veuf sans enfants : c’est un bien triste état messieurs dames, la foi m’aide me soutient, les mains croisées il murmure quelques mots les yeux levés vers ciel
Assis sur la terrasse Joseph et sa pipe, Eloi sa cigarette, Marguerite et sa mère parlent entre elles, Candide planté sur ses petites jambes, les bras ballants regarde Saumenier.
- Vous êtes un joli petit bonhomme Candide, venez près de moi s’il vous plait, Candide hésite recule d’un pas, suce son doigt, recule encore d’un pas puis fait volte face pour aller jouer avec son frère.
Eloi et Joseph fument en silence, Joseph prend la parole.
- Nous allons demain grâce à votre complaisance visiter la célèbre ville de Beaugency. J’ai rapidement feuilleté votre petit fascicule et je suis tombé en admiration devant le pont de Beau 440 mètres 26 arches plusieurs fois reconstruit dont les plus anciennes du X!V ième siècle il s’approche d’Eloi la page ouverte sur le pont.
- Regardez cette œuvre d’art imaginez le travail de reconstruction, c’est impressionnant.
Eloi approuve de la tête. Le crépuscule efface doucement les formes.
- Candide David vous venez Eloi frappe de ses mains ils accourent comme des petits diables.
Monsieur Saumenier il est bien tard pour partir à pied je ne serai pas tranquille nous serons tous inquiets, vous pouvez rester avec nous !
Monsieur Saumenier avance sa tête n’étant pas sûr d’avoir bien compris. C’est un fait que partout où il va il est entouré de braves gens qui devant le brave homme qu’est Saumelier cherchent à agrémenter sa vie lui faire oublier sa solitude, et chaque fois devant tant d’intérêt pour sa modeste personne il doit remercier avec tact, avec des phrases bien tournées, des discours qui l’amènent à raconter une anecdote sur les divertissements des rois et des reine. Touché par tant de prévenances devant les quelques personnes qui l’entourent il se transforme en un personnage de la cours royale.
Beaucoup de dames ont cherché la compagnie de monsieur Saumenier lequel doit repousser leurs avances prenant une mine dépitée devant son incapacité à commettre le sacrilège de remplacer sa chère femme, sa reine, donc il se trouve seul dans la vie, il doit aller acheter son pain et là encore quelques mots dits sournoisement pour attendre un réponse toujours inattendue.
Ce soir particulièrement il veut marcher pour aller prendre le dernier autobus à trois kilomètres.
- Si vous préférez je vous ramène en voiture !
Saumelier tord sa têt passe sa main sur son cou.
- Nous allons prendre froid : rentrons donc !
Saumenier ému devant tant de gratitude s’approche d’Agathe de Joseph qui veulent le secourir se balance plusieurs fois en avant en arrière pour remercier.
- Je me rappelle la visite de Jeanne d’arc au….
Tous ensemble mais oui monsieur vous restez. !
- Oh ! Comme c’est gentil de votre part, je ne veux pas vous obliger : en partant maintenant j’attrape le dernier autobus. A demain messieurs mes dames, rendez-vous à la tour de César à 11 heures, dans un dernier salut quitte ses hôtes.
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Le grenier
Avec cette photo qui me ramène en arrière je m’interroge devant mon miroir, je cherche la jeune fille qui fut moi, j’insiste essaie de retrouver une ressemblance, le sourire, le regard….
Mes amis qui avaient connu le temps où l’on vous photographiait dans la rue, c’était spontané, c’était chouette, alors que les années ont modifié votre visage vous vous retrouverez dans des signes indestructibles, les expressions. Le modelé, la flétrissure de la peau qui sont un véritable désastre pour ceux qui font une fixation et qui inexorablement flétriront la peau, et qui sont anéantis devant leur dégradation oublient qu’il y a une autre beauté qu’il faut préserver, c’est le regard qui peut être indulgent, tolérant, feutré, rêveur, trouble, ironique, coquin, tendre, rieur, bon, terrible, mécontent, il peut être en coin, soupçonneux, interrogatif, malin, aimant, amoureux, passionné : la vie.
Hier et aujourd’hui j’ai retrouvé le grenier de mon ordinateur, j’ai gardé, enlevé, rangé, nettoyé, j’ai mis de l’ordre enfin je peux aller dans les coins les plus reculés, je visualise mes recherches avec souplesse, je m’étonne devant des retrouvailles, c’est un chantier que je fais de temps en temps, c’est fatigant, épuisant.
Je mets de l’ordre dans cette incroyable machine. C’est stupéfiant la différence d’un grenier où l’on respire le temps ancien et les fichiers de mon ordinateur où je fais ce qui me plait.
C’est un travail que je fais indispensable à la bonne continuation du travail accompli, je n’ai pas tout à fait terminé.
Je vous salue ami, amie qui regardez ce blog
A bientôt
Liliane Boyrie 27/10/2011
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24/10/2011
L’histoire de France pour laquelle il s’est passionné fut le but de sa vie il devint guide. Il chercha à en faire profiter le plus de monde possible, apprendre aux touristes l’histoire de son pays, des monuments qu’il fait visiter. Les touristes suspendus à ses lèvres en admiration n’hésitent pas à poser des questions curieux de cette ville médiévale aux périodes les plus anciennes du XIV ième siècle, monsieur Saumenier fier de son savoir sonne à la porte des Archange
- Entrez cher ami bienvenu à vous.
- Bonjour messieurs dames le plaisir est grand d’être avec vous. Voyez, je vous ai apporté un petit fascicule où vous lirez l’histoire de Beaugency riche en évènements ; vous saisirez mieux mes explications qui seraient lourdes, je préfère les abréger, croyez en ma longue expérience de guide. J’ai appris à connaître les envies des personnes que j’ai accompagnées dans leurs visites, je souhaite vous faire aimer cette riche ville sans embarrasser vos esprits.
- Monsieur je vous présente monsieur de Risquetou mon gendre, leurs deux garçons David et Candide
Monsieur Saumenier extrêmement honoré de faire de si grandes si honorables si grandissimes connaissances susurre quelques mots à peine intelligibles : il s’incline plusieurs fois, sort sa casquette, boutonne sa veste ; lisse ses cheveux.
Il se présente.
- Monsieur Saumenier guide des merveilles de notre illustre histoire de la ville de Beaugency.
- Prenez place monsieur.
Agathe est partie dans ses casseroles, les garçons lancent leur ballon.
Eloi Marguerite Joseph entourent le cher homme l’écoutent raconter son parcours de vie.
- Les touristes étaient mes amis, je ne sais combien j’en ai eu, des milliers tous suspendus à mes lèvres, tous pleins d’attention pour leur modeste guide. Toute ma vie fut droite, honnête, aujourd’hui j’ai l’honneur d’être avec vous mes amis, qui êtes bien connus dans la région et bien au-delà pour votre intégrité, vos bonnes œuvres, vos œuvres de charité, c’est aujourd’hui un bien beau jour, je vous suis très reconnaissant, merci, merci infiniment ; monsieur Saumelier ému par l’audace de ses propos fait un petit bond sur sa chaise pour mieux s’asseoir.
Agathe arrive avec les apéritifs, tous ont pris de l’importance, d’un regard grave ils prennent conscience de leur méconnaissance devant les connaissances de leur invité guide des beautés de Beaugency ils sont intimidés, monsieur Saumelier retrouve les moments qu’il a vécu aux travers de ces grands valeureux personnages il s’identifie s’incarne dans eux alors son visage s’enflamme dans les assauts des guerriers, prend la noblesse des seigneurs, il en parle avec tant d’émotion tant de savoir qu’il subjugue ses hôtes
Leurs verres .pleins de souhaits Agathe sourire aux lèvres fait tinter son verre sur les verres de Monsieur Saumelier, d’Eloi de Marguerite de Joseph. Elle prend des nouvelles de monsieur.
- Comment allez vous ?
- Oh ! Mais, parfaitement, j’aimerais continuer ainsi longtemps, oui, longtemps encore et vous madame ?
Agathe regarde Joseph puis son regard se pose sur Marguerite et Eloi, elle rougit, soupire : j’ai quelques petites douleurs rien de grave dues à l’age !
- Vous monsieur ?
Son regard sur Eloi ;
En racontant Saumelier avait marqué l’imagination d’Eloi l’image de Délice diluée disparaissait dans un nuage Eloi plein d’effroi la voyait s’échapper se volatiliser, il tressaillit.
- Pardon, j’étais si loin, si loin vous ne pouvez l’imaginer c’est curieux, c’est imprévisibles les évènements qui peuvent bouleverser une vie sans que vous puissiez les arrêter et dont vous êtes témoin malgré vous !
Que peut on faire, pouvons nous faire ? Est-ce possible de les arrêter ? Continuer la suite est notre seule éventualité qu’en pensez-vous ! Monsieur Saumelier les épaules tassées par ce discours n’avait jamais réfléchi autant, il s’incarnait dans ses personnages il avait vécu des siècles, des siècles dans eux, sa femme avait accompagné son grand homme tout au long de sa vie, l’avait regardé, l’avait écouté raconter l’histoire de France, il était heureux.
Devant tant de savoir il préféra ne pas répondre.
- Venez monsieur, j’imagine qu’après votre bonne marche nous avec vous nous avons faim, allons nous mettre à table. Vous me donnerez des nouvelles des champignons que j’ai trouvés non loin d’ici, un vrai régal.
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18/10/2011
Agathe se lève, revient.
- J’ai mon frigidaire bien garni, nous pourrions demander à Saumenier de venir ce soir, s’il est libre bien sûr, ce sera le prélude à notre sortie demain. Je vais l’inviter à notre repas du soir. Eloi vous plairait-il d’avoir la compagnie de monsieur Saumenier ?
- Je suis curieux de connaître ce monsieur.
Agathe toute réjouie attrape son portable et dans quelques mots bien choisis invite monsieur Saumenier, son visage réjoui ils connaissent la réponse
- Il vient.
C’est l’occasion de le sortir de sa solitude, le pauvre homme est veuf sans enfants ! Son visage prend une teinte tragique, ses yeux affectueux regardent sa famille assemblée qui est harmonie.
Elle regarde Marguerite, Eloi, remercie le Seigneur d’avoir un gendre de cette valeur, de beaux petits enfants, tant d’amour autour d’elle, assise près de Joseph elle lui prend la main, seul Candide suçote son doigt, le bruit d’ailes d’un rouge gorge, un instant loin des soucis.
- Je vais voir David. Eloi va lever la punition de David.
- Où en est-tu ?
David se plaint de son poigné douloureux, d’un mal de tête.
- Trente Papa !
- Tu arrêtes, viens nous rejoindre.
David lance un regard à son frère qui promet de belles ripostes. Candide prend son ballon le lance comme il peut David l’attrape joue avec ses pieds le manœuvre l’envoie le rattrape. Candide cherche à imiter son frère.
Eloi tente vainement de chasser l’image de Délice plus charnelle plus attirante si étrangement autre du tableau familial si douloureusement présente dans son cœur. Il a de la peine à retenir le mot qui tourmente sa vie et en ce moment contracte sa gorge tant il le fait souffrir, je vous aime Délice, je vous aime il peine à ne pas le laisser s’échapper, fébrile il prend une cigarette va la fumer plus loin, Joseph le rejoint avec sa pipe.
- Ah ! Eloi nous avons des plaisirs communs ceux là sont bien personnels avec eux nos pensées s’éclaircissent, s’enrichissent nous pouvons raisonner sainement, s’échapper des petites tracasseries dont nos femmes sont victimes, reconnaissons toutefois que nous approuvons leur sagesse. Voyez-vous avec Agathe je m’ennuie : elle est brave certes elle fait de bons petits plats, c’est très appréciable je reconnais, c’est un complément à nos désirs plus oserais-je dire, plus nobles, nos exigences sont plus enrichissantes ; des inventions, des nouvelles technologies. Ma pipe m’éloigne de la monotonie des jours qui se succèdent toujours pareils : ne trouvez-vous pas ? J’ai ma pipe avec Agathe, quelques amis qui passent le temps sans plus. Vous voyez Eloi, sans passion ! Avez vous une passion Eloi ? Vous paraissez sombre : sans passion on effleure la vie. Vous avez une passion ? Une passion refoulée vous torture à vie, vous mine au pire elle peut vous tuer.
J’aimerais vous raconter ce que j’ai connu dans ma jeunesse je sens que vous serez compréhensif, entre homme on s’apprécie ; Eloi s’étouffe d’un geste fait comprendre qu’il ne peut l’entendre, Joseph envoie des tapes sur son dos appelle au secours Marguerite et Agathe alertées par les appels de Joseph arrivent un verre d’eau dans les mains, affolées lui ingurgitent quelques gouttes dans le gosier Eloi retrouve sa respiration qui s’était bloquée.
Marguerite lui frotte la poitrine Agathe tapote ses mains Joseph envoie de solides tapes sur son dos.
- C’est bon merci ça va mieux un insecte était rentré dans ma gorge, merci à vous tous, j’ai cru partir !
- Vous nous avez fait une grosse frayeur moi, je me souviens avoir cru vivre ma fin, j’étais à la piscine je m’étouffais, je suis là avec vous ! Dieu merci.
Marguerite prend amoureusement le bras d’Eloi, Joseph gratte sa gorge tapote sa pipe, ils regardent Candide savourent en silence le bonheur d’être ensemble.
Sur le chemin monsieur Saumenier tout fier de l’importance de son état, habillé de son plus beau costume entame son deuxième kilomètre silhouette maigre musclée il va faire trois kilomètres pour aller chez joseph et Agathe. Sa route est parsemée de fleurs, des souvenirs lorsqu’il était guide ; il connaît tous les méandres toutes les places, les rues, leurs histoires, il sait, mais la peur de laisser échapper un détail, en marchant il révise l’histoire de Beaugency..
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15/10/2011
Appuyé contre le mur coté nord de la terrasse pour protéger des vents froids, des regards indiscrets de curieux qui pourraient voir Eloi savoure sa cigarette cherche à garder le plus longtemps les bienfaits quelle donne, ce moment précieux l’aide à rester dans de bons termes avec sa belle famille. Il pense à la visite de Beaugency : en homme avisé va chercher sa carte dans sa voiture regarde le trajet puis calcule les kilomètres marque d’un point les endroits qu’il faudra visiter, pousse un soupir sa cigarette terminée pousse un autre soupir, part rejoindre Marguerite
Marguerite dort, Eloi se glisse doucement dans le lit : hésite, ne la réveille pas sombre doucement dans le sommeil, devant lui Délice parée de colliers multicolores s’envole dans les cieux, l’emmène avec elle. Marguerite le regarde longuement effleure son front, glisse sa main doucement sur son visage, sa main se fait plus pressante, nerveuse, Eloi dans son demi sommeil palpent les hanches, ses mains glissent, il part avec Délice dans l’infini.
Candide regarde son frère
- David pourquoi tu n’envoies pas l’ogre dans la cage aux lions ?
- Non l’ogre va attraper la brebis
- Je ne veux pas, je ne veux pas.
Candide envoie des braillements qui réveillent tout le monde
Eloi dévale les escaliers en trombe.
- Qu’est-ce qu’il y a encore !
- Papa l’ogre a mangé la brebis ! Le visage couvert de larmes il va se blottir dans les bras de son père
- C’est du cinéma ! Candide, allons, ne pleure pas Maman tente de le réconforter Mamie Papi désemparés offrent un visage tragique devant le drame qui se joue dans le cœur de Candide
David enfonce le clou.
- Tu verras quand tu auras ta console de jeux, tu verras des ogres avaler des garçons comme toi, Candide va se nicher dans le giron de sa grand-mère lance des cris à effrayer l’ogre.
Marguerite prend la parole.
- Arrête David de tourmenter ton frère, je te croyais autre, ton père va te punir, Eloi ?
- Tu vas écrire cinquante fois : je ne dirai plus de méchancetés à mon frère, maintenant la paix : compris !
Les mines soucieuses Marguerite, Eloi, Agathe, Joseph vont s’asseoir autour d’une table dans la jardin miniature, le paradis de joseph.
Candide suce son doigt, renifle, hoquette, part chercher son ballon.
- Cet enfant est trop sensible, il faudrait le montrer à un psychiatre peut-être !
- J’y pense Agathe.
Marguerite prend la parole
- Il est petit encore restons vigilants
Quelques coups de pieds sur le ballon mais le cœur n’y ait pas, il vient s’installer sur les genoux de son grand père.
- La prochaine fois tu auras ta console dans ta chambre promis, avec son mouchoir il lui essuie son nez : il doit faire preuve de manœuvres habiles pour ne pas inquiéter et calmer ce jeune cœur trop affectueux, sensible, trop émotif.
J’ai vu Saumenier hier, un brave homme : il a été guide dans plusieurs endroits historiques notamment la ville de Beaugency, le brave homme offre ses services gratuitement, nous l’avons eu comme guide. ; Tu te rappelles Agathe ?
- Le château Chambord, une merveille Eloi., un homme charmant, nous pourrions l’inviter ?
- Oui, Marguerite tu le connais ?
- Je l’ai aperçu hier, il ma parut en pleine forme, papa tu lui téléphones ;
Joseph attrape son portable s’éloigne part sur la terrasse pour téléphoner, quelques mots puis revient
- il est d’accort. Vous allez voir l’érudition de cet homme, il répond à vos questions avec aisance. C’est le compagnon de route idéal, il sera à votre disposition heureux d’être avec vous.
Marguerite s’approche de son mari prend son bras amoureusement se presse contre lui en posant sa tête sur ses épaules.. . .
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Mon esprit papillonait se posait sur quelques années
Mon enfance avait fait place à la jeune fille. J’avais quitté le foyer où j’étais protégée, entourée par une famille qui ne cherchait que mon bonheur, c’était un état que je ne comprenais pas. Mes années ont été sevrées par le désir de bonheur que je devais trouver pour continuer à vivre, c’était nécessaire sinon indispensable pour ma vie. C’était tellement évident que j’étais portée par cette éducation, nourrie par des femmes Nanette, Manie, Amandine qui étaient prêtes aux milles folies imaginables pour que je sillonne la route de mes années à venir pleines de bonheur, je croyais fermement, le chemin qu’elles m’avaient tracé méticuleusement pour m’éviter les écueils, les embûches fatales qui pouvaient me faire trébucher qui m’auraient fait tomber.
Je les aimais toutes les trois, c’était si vrai ! La bataille qui s’est livrée en moi lorsque je pris ma liberté me laissa des traces qui saignent encore.
J’étais près de Manie assise dans un parc non loin de la maison j’attendais. Je savais qu’elle allait raconter quelques moments de ma vie, elle savourait les instants où elle eut ses plus grandes joies me disait-elle, elle allait raconter ces moments de l’histoire de ma venue au monde ;
La nature était belle, intériorisées le présent nous échappait elle nous berçait. J’attendais les mots
- Christie devant ton petit berceau nous nous disputions déjà pour la façon de te langer.
- Nanette tu as mis au monde avec amour Christie, tu es sa Maman, ta tante Amandine a été surprise devant cette chose vagissante je te répète textuellement ses mots, elle t’a regardé longuement dans tous les sens.
- Nanette tu as fait une fille : comme si c’était un reproche ! Elle t’a pris dans ses bras puis, un moment t’a gardé, te regardait ne comprenant pas ce modèle humain en miniature. Ta grand-mère veille sur toi depuis cette étape, elle a du franchir d’autres étapes difficiles d‘accès tant Christie ta nature nous surprenait
Je reprochais à ta mère de t’emmailloter trop serrée, Hector ton père se grattait la tête, Amandine qui a le verbe haut (tu la connais, tu connais ses hardiesses) te regardait perplexe
Nanette ne savait au juste : nous ne pouvions pas savoir !
Manie, du berceau laissa échapper quelques mois pour aller dans mes premiers pas ; ma chérie je me souviens je te suivais les mains prêtes à t’attraper au cas où tu serais tombée, Manie secouait ses mains cherchait à saisir quelque chose qui lui échappait puis elle les serra dans un geste convulsif, je les regardais je les vis se calmer. Toutes tes années avec nous ont été faites de joie mêlée au grand malheur qui nous poursuit depuis que tu es partie ! Ta rayonnante vie dans tes façons exquises de nous cajoler vêtue de petites robes qui t’allaient que ta maman savait choisir de couleurs joyeuses. Je te trouvais sous la table où tu allais te cacher et où j’allais te dénicher, tu sautais de joie en m’entourant de tes petits bras, puis Christie tes sept, huit, neuf ans ont été les années où Amandine s’est emparée de toi ; Elle s’ingéniait à vouloir t’apprendre les bonnes manières, s’employait à corriger ton intrépide nature.
- Tu dois prendre de bonnes manières ma petite chérie.
Qu’est-ce que c’était les bonnes manières ? Les manières ? Les manières que je devais prendre ; j’entendais maman dire elle a attrapé la rougeole, elle a pris un rhume qui me faisait moucher abondamment de quelle manière ? Je l’interrogeais
- Qu’est-ce que c’est prendre les bonnes manières ?
- Ne pas regarder effrontément lorsqu’on te parle.
- Ta nature s’est envolée Christie plus forte qu’un océan déchaîné nous ne pouvions pas l’arrêter ! Tu es partie ma chérie faire ta vie. Dans mes prières je prie le Seigneur de t’aider à continuer honnêtement vaillamment ta vie, le chemin que nous t’avons tracé : elle se signa puis prit ma main pour me communiquer sa foi profonde en Notre Seigneur Jésus Christ.
Des appels, une mélodie lointaine m’enleva de mes rêves m’envoya dans un monde inconnu, mon corps vibra, j’étais assise sur le banc Lucien près de moi lisait son journal Le Monde, il enleva ses lunettes je compris qu’il voulait que nous parlions.
- Je pourrais lire tes histoires ?
- Nous avions chacun notre hobby qui nous prenait beaucoup de temps, j’avais exposé mes tableaux, du monde s’était déplacé, de bonnes critiques, j’avais rempli mes devoirs envers mon travail : mes tableaux, Lucien me regardait me prit par les épaules, j’aimais son contacte chaleureux il me rassurait, je pouvais continuer, je savais qu’il aimait.
Je prenais des forces en avalant la douce brise, emplissais mes poumons de cet air dont j’avais besoin pour trouver l’énergie de continuer.
- Lucien j’ai une pensée pour tous ceux qui m’ont apporté leur aide, je m’approchais plus près de lui.
Nous avions tout dit dans notre rendez-vous assis sur le banc.
Liliane Boyrie 10/10/
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Qu’est-ce que tu veux être ? ,
Peintre, équilibriste, mime
Romancière
Manie
J’étais depuis un moment à observer Lucien. Il feuilletait son journal Le Monde avant de choisir son article, j’aimais le crissement des feuilles maladroitement tournées gênées par la présence du vent qui s’était levé, ce vent que j’avalais goulûment et qui obligeait Lucien à redresser ses feuilles de gestes secs, lorsqu’une tempête me secoua la tête.
C’était Manie, qui fidèle à ses habitudes voulait me mettre sur le droit chemin ! Il me fallait des efforts pour écouter ses remontrances pleines de bonnes intentions. Je tressaillis, pris un air coupable devant elle, les litanies qu’il lui était difficile de retenir tant elle était inquiète des mauvais sorts que j’allais avoir sur ma route de vie avaient une consonance, une résonance que je comprenais difficilement, ses mots n’étaient plus les mêmes, nouveaux de son vocabulaire ordinaire ! Je ne comprenais pas où elle voulait aller, j’étais doublement peinée en la regardant, Manie croyait avoir dit les bons mots ceux que j’aurais du mieux écouter, nous étions tristes ensemble mais son extraordinaire nature la dérida, elle me tendit ses bras où je me blottis son doux gestes me rassura.
Je me trouvais dans sa salle à manger où elle se plaisait à exposer ses trouvailles (d’amusants petits objets) afin de me surprendre sachant que je les regarderais avec intérêt. Ce jour ci je m’arrêtais devant une sculpture qui avait des formes bizarres, je la regardais un moment, c’était une petite statuette aux formes peu communes à ma connaissance, elle allait à l’inverse de l’équilibre pourtant elle tenait, je cherchais à comprendre la pose, mais c’était trop compliqué j’essayais de m’étirer de me rétrécir, je levais mes bras très haut, puis je levais la jambe manquais tomber, agacée je lui jetais un regard peu amène, son histoire m’échappait.
- Christie que veux tu faire plus tard ?
Je m’étais levée pour me camper devant Manie, je ne savais pas au juste. J’avais Manie devant moi habillée de couleurs qui lui allaient bien et lui donnaient une jeunesse qui ne voulait pas s’en aller, je voyais quelques cheveux blancs parsemer sa belle chevelure noire, un sourire plein de bonté, toute menue. Elle connaissait, devinait les histoires que j’aimais l’entendre raconter.
Manie avait une imagination féconde, c’était facile de m’asseoir près d’elle lorsqu’elle racontait de sa belle voix chaude que j’aimais écouter, où, devant elle j’écarquillais mes yeux pour mieux entendre son histoire fantastique qu’elle venait d’inventer qui me faisait palpiter, battre des mains taper des pieds pousser des O ! Des A ! Elle m’impressionnait. J’interrompais Manie
- Qu’est ce qu’il va faire ?
- Tu le sauras la prochaine fois petite curieuse : Christie que veux tu faire plus tard ?
Je ne savais pas, je ne m’étais jamais posée la question, impressionnée par l’histoire inachevée de Manie je lui dis
- Manie : je veux être peintre, équilibriste, écrivain, mime, trapéziste, sculpteur, clown, toréador, je lui pris son châle aux couleurs vives et dans un large geste digne du plus célèbre toréador je m’élançais devant elle, dompteur d’animaux terribles de sauvagerie : lions, tigres, panthères j’avalais ma salive pour en trouver, danseuse étoile, romancière Manie, je pourrais écrire ? Du haut de mes 9 ans j’allais me mettre sur la pointe des pieds pour lui donner une bise bien sentie ; Manie était au paradis malgré l’immense soupir qui n’en finissait pas de se terminer.
- Viens t’asseoir près de moi tu es trop jeune, nous en reparlerons Christie.
Le doux vent caressait mon visage, je secouais ma tête il se fit plus pressant d’un revers de main l’enlevais, glissais ma main sur le banc que Lucien pressa tendrement, je la dégageais, sentis mon corps se désagréger mon esprit avait détruit mon corps, je le cherchais affolée, j’attrapais la main de Lucien palpais mon corps fit remuer mes membres timidement, apeurée, un vent doux venait de se lever caressait ma figure je retrouvais la vie, la merveilleuse vie.
- Les nouvelles sont bonnes Lucien ?
- Nous allons les découvrir ensemble.
Je l’aidais à tenir les feuilles qui s’envolaient.
Liliane Boyrie 04/10/11
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Notre conversation
Hector faisait son sport, il laissait le soin de mon éducation aux femmes de la maison. Choyée, abreuvée des conseils de ma chère grand-mère qui ne cessait de s’inquiéter j’entendais tous les jours de la semaine ! Tu as l’age de la réflexion maintenant pense à ton avenir, prépare toi ma petite chérie, nous désirons tant ton bonheur, que tu sois heureuse, et elle ajoutait chère Manie, comme tu l’entends bien sûr ! C’est ainsi Christie que nous nous posons des questions sur ton avenir, ta mère m’accuse de t’avoir légué à ton berceau mes étrangetés dit elle, tu te rends compte ! Nanette ma mère faisait écho elle disait tu es trop étourdie fais attention quant à tante Amandine qui adorait sa petite nièce, sa petite chérie, son amour, sa sublime, sa magnifique, aucun mots n’étaient trop beaux, elle m’étonnait avec ses propos : tu es à l’orée de ton adolescence ma chérie nous ne voulons surtout pas te contrarier, nous agissons tous pour ton bien accepte une petite remontrance même chérie si tu la trouves excessive c’est pour ton bien ; vois ! Notre désarroi ! Elle plantait son joli corps devant moi pour donner plus de poids à ses paroles.
Toutes leurs simagrées m’énervaient.
Amandine se mit à se montrer en exemple ce qui fit hérisser les cheveux de Manie.
- J’étais une enfant obéissante n’est ce pas Maman ?
- Oui. J’ai eu deux filles studieuses qui ont bien tourné. Amandine tu as la belle énergie l’envergure qu’il faut pour faire une vie normale telle que tout le monde l’entend. Tu es quelqu’un qui est bien dans sa peau, peut être trop bien. Tu pourrais en faire profiter un homme et me faire d’autres petits enfants puisque Nanette s’en tient là ! Alors elle me regarde ma bien aimée Manie me tend la main pour m’asseoir sur ses genoux (bien que je commence à être grandette) en hochant la tête, quant à toi Nanette tu as suivi les règles normales de la nature, tu t’es marié à un brave homme (- j’en convient Hector) puis, tu as fais un enfant une fille, mon regret c’est de ne pas avoir un petit fils.
-. Pourquoi un petit fils maman ?
- Je le répète continuellement, il manque un homme ici, un vrai qui mettrait de l’ordre dans cette cervelle anarchique : elle attrape Christie lui fait une cajolerie.
- J’en conviens ajoutait ma très gentille Amandine : s’adressant à Christie.
- Nous ne sommes pas toujours d’accord ! Nos points de vue divergent sur tes désirs qu’il ne faudrait pas contrarier ! D’après Manie si tu continues tu vas à la dérive, d’où son désir excessif de te cajoler, moi, petite chérie je n’ai pas cette vue pessimiste malgré de troublantes bizarreries de ta personnalité il y a une lumière dans toi qui me donne une vue plus optimiste mais fais attention n’en n’abuses pas tu pourrais en souffrir, j’ai confiance ;
Hector fronçait son front en approuvant du moins il essayait.
J’étais leur cible je prenais un air chagriné me serrais contre Manie.
Hector mon père prit la parole c’était rare qu’il en fut ainsi et là, nous étions toutes suspendues à ses lèvres
- Je vais t’inscrire à une école de sport, choisis ton sport.
Je m’attendais aux remontrances habituelles aussi je fus de suite d’accord.
- Quoi Papa ?
- Ce que tu aimes, tu as la natation le tennis la gymnastique acrobatique
Tante Amandine se transforma en arbitre.
- Trop âgée pour la gymnastique acrobatique
- Papa la natation et le tennis.
- Christie c’est trop de travail tu n’auras pas le temps, je savais que Manie caressait l’idée de me voir médecin !
Sur le ton de quelqu’un qui veut clore la conversation rapidement Hector déclara.
- Nous serons des parents vigilants, attentifs à tes progrès, ça te va Nanette ?
- Mais bien sûr mon ami, Nanette contrariait rarement Hector.
- Je choisis le tennis : j’ai mon copain Henri qui fait du tennis j’irai avec lui.
- Il faudra voir ; ce fut la conclusion de la discussion.
Devant l’intérêt croissant que suscitait mon anatomie qui se transformait et dont je n’y pouvais rien je haussais les épaules leur tournais le dos m’en allais faire mes devoirs.
Mon école primaire fut une réussite c’était mon refuge, j’avais de bonnes notes ; attendrie devant leur désarroi, leur air malheureux j’allais les cajoler ; Nanette, Hector, Amandine, Manie tous les quatre effondrés retrouvaient leurs airs de bonté. Je leur brandissais sous le nez mon carnet d’appréciassions, était écrit : cette enfant a des dons réels en dessin : 1ère
Riche de son unique petite fille ma chère Manie s’asseyait.
- Montre moi ça.
Rien ne lui échappait.
- C’est bien Christie.
J’aimais être entourée de garçons, j’avais compris qu’ils me trouvaient belle, je trônais comme une reine au milieu.
Ma chère Manie s’inquiétait sur l’avenir de sa petite fille
Je voyais leurs conciliabules, ça me déplaisait.
Manie ne pouvait pas s’empêcher de m’admirer, ses regards sévères ou tristes, tendres, bons, rieurs : c’était Manie. Je m’abreuvais de ses mots pleins d’amour, d’inquiétudes de drôleries, elle était présente dans mes chagrins, mes bonheurs, comment lui expliquer ce que je ne comprenais pas, et toujours !
Tous s’inquiétaient de Christie qui mettait le trouble dans leurs cœurs, cette enfant rebelle !
Je remuais ma tête dans plusieurs sens, essayais de récupérer mon corps, mon carnet tomba à terre, mes mains appuyées de chaque coté je me découvrais assise sur le banc, Lucien près de moi lisait son journal Le Monde, je ne l’avais pas vu arriver. Lucien fit un effort pour s’arracher de son article.
Les conversations lorsque nous étions assis sur le banc étaient restreintes, l’espace qui entourait verdoyait dans une multitude de verts tous apaisants et nous amenaient dans quelques mots dans de courtes phrases afin de ne pas détruire le chant mélodieux dans la présence de l’autre qui nous unissait, des mots simples, toujours les mêmes notre conversation, à aimer nous retrouver sur le banc.
- J’ai fait un détour dans ton atelier ; c’est du bon travail Christie, tu as terminé tes allégories ?
- C’est la dernière.
- Il faudra les exposer Christie.
- J’y pense.
J’attrapais le journal pour le feuilleter Tout était bien écrit c’était très intéressant, je pris la force de parcourir quelques articles sous le regard bienveillant de Lucien. Je soulevais ma tête pour le léger doux vent qui caressait ma figure ;
- Sens comme il est bon !
Notre conversation s’arrêta là, quelques mots seulement, par là !
Liliane Boyrie 03/10/11
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Rédigé par Boyrie à 21:54 | Lien permanent
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Rédigé par Boyrie à 22:36 | Lien permanent
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Une douce brise me faisait sombrer
dans le sommeil
Quelques années s’étaient envolées avec les saisons. Des tourbillons s’étaient formés autour de moi je les observais curieuse de leurs effets ils s’éloignaient se rapprochaient époustouflants d’inventions s’amusaient, voulaient me surprendre, je les subissais en espérant qu’ils se calmeraient lorsque, interloquée, Adrienne se planta devant moi, coquette elle me sourit. J’étirai mon cou pour rapprocher le plus près ma tête de sa tête afin de m’assurer si c’était bien elle surprise par cette intrusion en moi qui m’envoyait longtemps en arrière dans les années de mon école primaire. Je ne sais si j’avais bien saisi les imaginations des tours étranges d’Adrienne qu’elle envoyait vers moi, j‘articulais son nom Adrienne, tentais malgré mon grand étonnement qui m’avait noué la gorge de l’appeler à nouveau, elle était devant moi semblait m’attendre puis elle disparut, j’allais renouveler mon appel .lorsque Lucien avec son cordial bonjour, me réveilla.
- Comment va ?
Ce fut un autre choc, à mi chemin vers la réalité les yeux écarquillés pour mieux voir je crus à un tour de mon imagination. Lucien dans mon atelier s’immobilisait un long moment devant chaque tableau posé sur un chevalet et, qu’il aurait fallu être un non voyant pour ne pas les voir. Après un interminable moment ce qui avait détruit mon être physique mes membres disparaissaient les uns après les autres je voulais rejoindre Lucien, Adrienne s’interposait, je cherchais à la repousser, dans un effort suprême me réveillais.
Lucien me regardait.
- Navré de te réveiller Christie tu étais si paisible.
Je dus faire encore un effort pour me retrouver, ce m’était difficile de communiquer avec Lucien mon rêve m’avait vidé. J’invitai Lucien à s’asseoir, il était tout penaud son journal Le Monde dans sa main.
Dans nos habitudes c’était d’être assis silencieux sur le banc l’un près de l’autre un souffle de vent doux venait caresser nos êtres en accord avec la nature environnante, nos gorges avalaient l’air lorsque nous étions assis, là, sur le banc où nous allions, où bon nous semblé, un chant lointain d’un au-delà nous appelait.
J’avais mon carnet dans ma main Lucien son journal Le Monde, un bruit de page, mon stylo bille.
- Manie ?
Je m’approchais.
- Oui, Manie?
Maladroitement je répondais aux inquiétudes qui accompagnaient ma bonne grand-mère tout au long de ses jours.
J’étais allée rendre visite à Manie dans sa maison qui jouxtait la maison de mes parents. J'avais pris soin de l’appeler avant avec mon portable et l’avais joint dans une grande surface où elle était allée faire quelques courses, la priais de me ramener des bonbons à la menthe l’avertissais que j’allais la voir dans l’après midi.
Manie traversait les allées de la grande surface Christie dans son cœur transportée dans un paradis où Christie régnait.
Le téléphone sonna, c’était Manie qui me joignait pour demander si tout allait, se rassurer encore.
Je m’amusais à voir les astuces qui décoraient sa salle de séjour, dans ses voyages dans les grandes surfaces elle trouvait des petits objets amusants pour décorer, c’était curieux tous ces petits objets, on se demandait ce qu’ils faisaient là et envoyaient le visiteur à les regarder.
Elle trouvait d’invraisemblables histoires de sa vie, elle savait raconter et moi toute ouïe émerveillée je l'écoutais , elle s’amusait de leurs effets, je partais d’un grand éclat de rire c’était ce qu’elle voulait.
- Christie comment tu vas ?
- Mais très bien Manie.
- Tu es l’astre de ma vie Christie.
Je gonflais ma poitrine toute fière, je ne voulais pas la contrarier, pleine de conviction d’être cet astre dans le cœur de ma grand-mère je répondais :
- Oui Manie ;
Une bonne odeur de thé chatouillait mes narines je respirais avec délice.
J’avais pris plusieurs centimètres dans l’année, je passais beaucoup de temps devant la glace à me regarder à découvrir la jeune fille ; perplexe je me demandais où j’allais, les garçons me regardaient gênée je rougissais. Je voulais plaire à mon copain Henri
- Tu as un amoureux Christie ?
- Oui Manie, je l’aime.
Le cœur de Manie fut pris de palpitations elle s’inquiéta follement.
- Il t’aime ?
- Oui Manie, il m’aime.
Liliane Boyrie 24/09/2011
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